
entre le calcaire à cériteset le calcaire d’eau douce.
Les observations suivantes me portent à le croire.
Des coteaux qui bordent la vallée de l’Aude ,
au-dessous de Carcassonne , présentent des parties
qui ne sont formées que de débris de coquilles
marines , et qui se rapportent au calcaire inférieur
du terrain de Paris ; la formation marneuse
est moins ancienne. Elle paraît encore plus nouvelle
que le terrain des Landes , dont une partie,
d’après les observations de M. Brongniart, est de
même formation que ce calcaire.
Le sol des Landes est très-remarquable : on sait
qu’il présente sur le bord de la mer une grande
plaine de sable, ayant six cents lieues carrées : certainement,
de toutes les parties de la France , aucune
n’offre plus l’image d’un simple terrain
de transport, ou d’une alluvion marine , e t, cependant,
dans plusieurs endroits , on le voit recouvert
par des couches renfermant des coquilles
qui n’ont plus aucun rapport avec belles qui
vivent actuellement dans nos mers, disent les
conchyologistes : on voit, près du village de
Sales, une pareille couche entièrement composée
de ces coquilles , que l’on exploite pour faire de
la chaux et l ’envoyer aux fonderies de fer
voisines, où ce falun sert de fondant. Au milieu
des Landes, à trois lieues au N.-N.-E. du Mont-
de-Marsan , une coupe de terrain m’a présenté
une alternative de couches de sable, de calcaire
tout rempli de petites coquilles pareilles aux cé-
rites, d’argile imprégnée de bitume ( prise
pour une houille), de calcaire contenant des
cardites, de grès , etc. ; le tout reposant sur un
calcaire tuberculeux et cellulaire.
Tous les terrains secondaires, sur-tout ceux de
grès , et notamment la formation de grès avec argile
, renferment, ainsi que nous l’avons vu , une
grande quantité de troncs et de branches d arbres,
dont plusieurs sont carbonisés, et par conséquent
passés à l’état de lignite. Mais les grands tas ou lits
de cette substance, ceux qui sont l’objet principal
de nos exploitations, paraissent appartenir aux
terrains tertiaires.
Avant d’examiner les circonstances de leur gis-
sement, jetons un coup-d’oeil sur les divers états
dans lesquels se trouvent les végétaux passes a
l’état de lignite, c’est-à-dire sur les diverses sortes
de cette substance.
§ 327. Nous en distinguerons quatre principales
(1) :
i° Le lignite proprement dit ( biturninoeses
holz , bois bitumineux des Allemands), qui a en- 1
(1) Sans attacher une grande importance a la classification des
lignites que je donne ic i, comme c’ est la meme que celle adoptée
par MM. Brongniart et de Bonnard, qu on me permette de
réclamer l’antériorité : je l’ai exposée en détail dès iik>5. Journal
des Mines, tom. X V I I I , pag. 195.
DES
DIGNITES
Différentes
sortes de
lignites.