
Composition.
l ’Europe en général, il est la roche dominante :
le terrain de gneis y est en quelque sorte l’unique ;
il enveloppe toutes les autres roches , et elles y
occupent si peu d étendue, dit M. de Buch, qu on
peut les regarder comme lui étant subordonnées.
Le gneis est encore abondant dans les Etats-
Unis d’Amérique : il y constitue peut-être la moitié
des terrains primitifs; il y renferme des masses
ou bancs de granité qui ont plus de trois cents
pieds d’épaisseur, et il y contient une multitude
de couches de calcaire , de roches amphiboli-
ques , de serpentine , de fer oxidulé, etc. Dans
l’Amérique méridionale , M. de Humboldt l’a vu
dominer sur la haute chaîne des Andes de Quito ,
il l’a observé dans les montagnes de Parime , et
dans celle de Venezuela.
• A R T IC L E TROISIÈME.
DU SCHISTE-MICACÉ.
Saxum fornacuiri etsaxum tnolare de"Wallerius.
Roche feuilletée , quartz et mica, ou schiste-micacé de Saussure.
Glirnrnerschiefer d es Allemands.
Mica slaie des Anglais.
§ 173. Le schiste-micacé est ime roche de texture
schisteuse, composée de mica et de quartz (1).
(t) Le glimerschiefer, formé des deux mots glimmer ( mica) et
schiefer( schiste), est déduit et du principe dominant et de la
structure de la roche. ■,
Celui de schiste-micacé en est la traduction naturelle, et quoi-
Le mica domine presque toujours, ou du moins
il est plus apparent ; il est communément gris ,
il tire cependant quelquefois sur le jaune , plus
rarement sur le brun, et assez souvent sur le
vert ; dans ce dernier cas , il se rapproche du
talc. 11 n’est plus ici en paillettes comme dans le
granité , ni en écailles souvent distinctes comme
dans les gneis : presque toujours les écailles , ou
cristaux imparfaits, sont tellement tissues et fondues
les unes dans les autres , que leur ensemble
forme des feuillets continus semblables à des pellicules.
Le quartz a sa couleur grise et son aspect
vitreux ordinaires ; il est en petites lames de forme
à-peu-près lenticulaire et interposées à plat
entre les feuillets de mica. Souvent ces lentilles
augmentent d’épaisseur , jusqu’à avoir un demi-
pouce dans le milieu ; elles deviennent même
que imparfaite elle est aussi exacte què possible dans une langue
qui ne compose pas ses noms , comme l’allemand , l’anglais , le
grec, etc., de substantifs simplement juxta-posés. Ce mot est employé
depuis plus de trente ans par Saussure et par tous les minéralogistes
français. Il est évident , d’après la définition ci-dessus ,
qu’il ne saurait être donné à une roche par cela seul qu’elle serait
schisteuse et qu’elle contiendrait du mica : cependant, pour.pré-
venir cette fausse application, M. Brongniart lui a substitué celui
de micaschiste. Je ne connais aucun exemple delà méprise susmentionnée
; si je l’eusse crainte, j ’aurais donné au glimmerschiefer
un nom français simple; mais cela m’a paru superflu ; dans l'état
actuel de la nomenclature on s’ entend complètement ; le nom existant
remplit son objet, et il est consacré par l’ usage.