
nous pouvons conclure que le terrain houiller, et
en général le terrain du grès ancien , se trouve
au-dessous de toutes les formations secondaires,
et par conséquent qu’il est plus ancien qu’elles.
Je remarquerai, en outre, qu’il a bien plus de
rapports avec les couches qui le supportent qu’avec
celles qui le recouvrent. M. Omalius , comparant
le terrain houiller du nord de la France
avec le terrain d ardoise et de calcaire bitumi-
fère qui est dessous, terrain où l’on trouve aussi
des fragments de houille , les met l’un et l’autre
dans la classe des formations intermédiaires. Nous
avons vu qu’en Angleterre il n’y a aucune limite
réelle entre le terrain houiller de Newcastle , et
le terrain de grès , houille et calcaire qui est au-
dessous ; à tel point, que M. Thomson a décrit ce
dernier comme étant plus particulièrement encore
la grande formation houillère. Nous avons
remarqué, dans le centre de l’Allemagne, le
rapport qu’il y a entre le grès ancien et le sol
primitif : et lorsque j’examine la série des couches
que présente ce pays 5 que je trouve une
limite assez bien marquée dans la couche cuivreuse
, placée sur le grès rouge ; que cette couche
tient bien plus à la série de celles qui sont
au-dessus , qu a la sérié de celles qui sont au-
dessous, et que ce sont deux suites différentes ;
je suis porté à compter le grès dans la suite inférieure,
c’est-à-dire à le placer parmi les terrains
intermédiaires. Je suis fortifié dans cette opinion,
i° en voyant le membre principal de la formation,
le grès , se retrouver dans ces terrains,
comme leur principe caractéristique, la grau-
wacke; 2° en y retrouvant encore une des substances
les plus marquantes, car l’anthracite est
une sorte de houille ; 3° en voyant dans les houillères
une stratification bien plus inclinée et contournée
que dans les autres terrains secondaires.
Au reste, ce tte opinion est celle de plusieurs minéralogistes
célèbres. Depuis long-tems M. Yoigt
avait fait observer que les géognostes de l’école de
Werner, d’après leurs principes, devraient placer
les terrains houillers dans la classe intermédiaire.
Si je ne l’ai pas fait dans la rédaction de
mon ouvrage, c’est uniquement parce qu’il m’eût
fallu reviser des parties depuis long-tems rédigées,
et que d’ailleurs, du moment que les rapports
sont bien signalés, ces classifications ont peu d'importance
à mes yeux.
En plaçant la grande formation de grès houiller dans les terrains
intermédiaires, la classe suivante serait mieux déterminée,
on n’y aurait plus que du calcaire et du quartz, et l’on aurait
enfin marqué le terme au delà duquel on ne trouverait plus
des porphyres et des amphibolites , roches qui tiennent encore
aux granités. La classe intermédiaire se diviserait en deux sections
, celle des couches qui alternent avec les phyllades, et
celle des couches placées au-dessus jusqu’au grès houiller inclusivement.
Mais qu’ on ne croie pas que la Limite soit encore
ici précise ; les grès des formations postérieures renferment