
Rapports
do porphyre
au granité.
Usée ( § 1 136 ). M. Faujas , frappé également de
la différence qu’il y avait entre la base des porphyres
et le jaspe, sous le rapport dé la fusibilité,
se prononça, en 1 788, sur leurnon-identité. (Essai
.sur les roches de trapp. ) Ensuite , Dolomieu détermina
la nature de cette base , il établit ses rapports
avec le feldspath , et il lui affecta le nom
de pétrosilex, ou de roche pétrosiliceuse.
Werner regardant cette substance , avee tous
les naturalistes, comme une sorte de jaspe , la
plaça parmi ses hornstein (lapidesï cornei ), c’est-
à-dire , parmi les quartz ternes ou non vitreux,
que Lamétherie a nommés kératites; mais ensuite
il s’aperçut qu’un grand nombre d’échantillons
qu’il en examina n’appartenaient point aux espèces
de la famille des quartz, mais qu’ils étaient
feldspathiques, et il les regarda comme desfe ld -
spaths compactes; de sorte qu’une partie de ses
horstein-porphyr prit le nom de feldspathporphyr.
D’après les observations que j’ai eu occasion de
faire , je suis persuadé que non-seulement une
partie des horstein-porphyr, mais encore presque
tous sont de nature feldspathique, et de plus, que
leur base n’est pas un simple feldspath compacte,
mais bien un granité compacte. Arrêtons-nous
quelques instants sur ce fait, qui nous indique la
vraie nature, et en quelque sorte la génération des
porphyres.
§ 194. Le rapport qu’il y a'entre le granité et le
porphyre a été connu et signalé par plusieurs observateurs.
Saussure, remarquant des roches formées
de petits grains ou points brillants, voyait
en elles un intermédiaire entre les vrais granités
elles vrais porphyres; pour peu que les grains
eussent été plus atténués , observe-t-il, on aurait
eu des porphyres proprement dits : « Je suis d’au-
» tant plus porté à admettre cette transition ,
>t ajoute-t-il, que j’ai vu la nature la suivre dans
» les montagnes mêmes. ( Sauss., § i 55.) Dolomieu
a très-bien développé cette transition dans
son Mémoire sur les roches composées ; il y remarque
que les porphyres ne sont fréquemment
que des granités déguisés. « Souventla nature, dit-il
» encore , comme si elle voulait montrer l’iden-
» tité de ces deux roches, opère elle-même, dans
» certains blocs, la transformation successive du
» granité en porphyre, en ôtant et rendant par in-
» tervalle au feldspath son tissu lamelleux ; et elle
» produit des masses qui, d’après l’expression des
» définitions, pourraient se placer en partie parmi
» les granités, en partie dans le genre des porphy-
» res ». Werner, en traitant de la formation de
cette roche, observe que, lorsque la précipitation
d’où elle est résultée a pu se faire avec tranquillité,
les éléments se sont séparés et ont produit une
siénite, c’est-à-dire une roche granitique , composée
de grains de feldspath, d’amphibole, de
quartz et de mica.