
Dénomination.
I
A R T IC L E CINQUIÈME.
DU PORPHYRE.
Saxumjaspïde et spatho scintillante mixtum PorphyT. Wal.
Porphyr des Allemands , des Anglais , etc.
§ 192. Le nom de porphyre, ou plutôt de por~
phyrite, qui signifie couleur de pourpre, a été donné
par les anciens à une pierre rouge renfermant
des points ou taches blanches, susceptible de poli,
et que l’on tirait principalement d’Egypte (1).
Les naturalistes des seizième et dix-septième
siècles ont continué d’employer ce nom dans le
meme sens. Agricola , sans rien prononcer sur
sa nature, l’a rangé, comme Pline, parmi les
marbres, nom par lequel on désignait alors toutes
lesquerres polissables.
Les artistes italiens ont ensuite étendu l’acception
du mot porphyre ; ils l’ont donné aux pierres
dures , opaques , qui renfermaient des particules
blanches bien distinctes du reste de la
masse , et ils ont eu autant de porphyres différents
que cette masse avait de couleurs diverses ;
de là leurs porjido rosso , porjido nero , porfido
verde antico, etc. Cette acception a été généralement
conservée : Linné , Croustedt, Walle- 1
(1) Rubet porphjrrites in eâdem Ægypto ; ex eo candidis in-
tervenientibuspunctis leucostictos v e l leuptvsephos vacatur. Plin.,
liv, 36.
rius, Romé-de-Lisle, Saussure, etc., l’ont adoptée.
On a cependant toujours conservé le nom de
porphyre proprement d it, à celui de couleur
rouge. .
Werner a distingué les roches à structure por-
phyrique , ou porphyroïdes, des porphyres. Il a
placé parmi les premières, toutes celles qui présentent
, au milieu d’une masse principale, des
cristaux ou grains cristallins qui en sont distincts,
et qui ont été formés en même tems qu’elle (§ 1 o4).
Il réserve le nom de porphyres à des roches porphyroïdes
qui appartiennent à une même suite de
formations , dont la pâte est homogène , et qui
contiennent principalement des cristaux de feldspath.
§ iq3. Dès le dernier siècle , les minéralogistes
s’étaient aperçus que les taches blanches qui sont
dans les porphyres n’étaient que des cristaux
de feldspath plus ou moins parfaits ; mais ils ne
furent pas également d’accord sur la nature de la
pâte qui les entourait dans les porphyres ordinaires
, ceux de couleur rouge ou même verte :
les uns la regardèrent comme quartzeuse ; d’autres
, tels que Cronstedt, Wallérius , Gerhard ,
Romé-de-Lisle , la prirent pour une sorte de
jaspe. Saussure partagea d’abord cette opinion
( Sauss. , §§ i 56, i 5y); mais il reconnut ensuite
qu’elle était erronée, et il regarda très-justement
cette pâte comme la terre du feldspath non cristal-
2. 8
Nature des
porphyre.