
substances minérales, parmi lesquelles nous citerons
le zircon (hyacinthe) et le saphir, qui se
trouvent en abondance dans un ruisseau près
d’Expailli en Yelay, lequel coule au milieu d’un
terrain basaltique. On en a observé aussi quelques
cristaux dans des roches basaltiques en place.
Remarquons encore que les zircons et les saphirs ont le même
eissement en Bohême, dans Vîle de Cevlan , etc.; c est—a—dire
qu’on les y trouve dans les ruisseaux des terrains volcaniques,
et mêlés avec des substances telles que l’augite, le fer oxidulé
titanifère, qui appartiennent plus particulièrement à ces terrains.
Ce gissement est encore celui de quelques variétés de
grenat, de spinelle, et peut-être du diamant; de sorte que la
plupart de nos gemmes, de nos pierres les plus dures et les plus
parfaites, appartiendraient aux terrains volcaniques, qu’elles
auraient été vomies par les volcans, auraient peut-être pris
naissance dans leur foyer, et seraient ainsi un produit du feu.
Il s’est élevé une grande discussion entre les naturalistes, sur
l’origine des cristaux qu’on trouve dans les laves. Dolomieu,
Deluc, etc., pensaient que les agents volcaniques qui, en exerçant
leur action sur les roches primitives renfermées dans l’intérieur
du globe, les avaient rendues liquides, avaient respecté
les cristaux qu’ elles contenaient; de sorte que, lorsqu’elles
étaient versées à la surface de la terre, sous forme de laves , les
cçistaux y nageaient et s’y représentaient, après le refroidissement,
tels qu’ils étaient originairement dans les masses primitives.
Mais cette opinion est généralement abandonnée ; et
l’on pense que les cristaux des laves s’y sont formés, lorsqu’elles
sont passées de l’état fluide à l’état solide , de la même
manière que dans les roches porphyriques , par rapprochement
et cristallisation de parties similaires (§ io 4 ). Ce que nous
avons dit sur la nature cristalline de la pâte même des laves, ne
laisse guère de doute à ce sujet. Nous avons en outre des preuves
directes de la formation des cristaux volcaniques à la surface
du globe : M. Breislak nous apprend « que, lorsque la lave
de 1794 entra dans l’église de Torre del Greco, elle y forma
des cristaux d’augite par sublimation, et que M. Thomson
en trouva, quelque tems après, de capillaires sur les débris
des murs qu’elle avait enveloppés. »
Cependant, lorsqu’on voit l’immense quantité de cristaux
entiers ou brisés que lancent les volcans, et notamment 1 Etna
( § 58 ), il faut bien admettre que ceux-ci se sont formés dans les
gouffres volcaniques : ils se seront vraisemblablement produits
dans le bain de lave, et sur-tout à sa partie supérieure , lorsqu’il
était déjà élevé dans le cratère, et qu’il commençait à se
refroidir.
Il serait même possible que quelques cristaux très — réfractaires,
tels que le saphir et le zircon, fussent arrivés tout formés
dans le foyer volcanique, et qu’ils eussent été portés au dehors
en nageant dans la lave fluide.
§ 373. Outre les cristaux ou grains de formation
contemporaine qui donnent aux laves basaltiques
une structure porphyrique, elles contiennent
encore des noyaux ou globules d’autres
substances qui sont postérieurs à la consolidation,
et qui constituent la structure amygdaloïde.
La plupart des naturalistes pensent que les
eaux , en filtrant continuellement à travers la
masse et les fissures souvent imperceptibles des
laves cellulaires, auront déposé dans les cellules
quelques matières minérales dont elles se seraient
chargées en traversant les laves ou les
couches qui leur sont superposées. C est ainsi
Substances
contenues.
Structure
amygdaloï»
de.