
Caractère.
Rapport du
phyllade au
schiste-micacé.
semble dire que notre roche est composée de cette terre ; elle
ne l’est pas plus que le schiste-micacé : elle a seulement un aspect
moins cristallin, et par suite plus terreux : l’argile, détritus de
roches préexistantes, n’a son véritable gissement que dans les
terrains secondaires, et non dans les terrains primitifs ou intermédiaires
auxquels appartient le prétendu schiste argileux.
Ces considérations nous ont portés , M. Brochant et moi, à
lui substituer le nom de phyllade , déduit de sa texture feuilletée
( <jmwkt , tas de feuilles ).
§ i 83 .L e phyllade est une roche simple, schisteuse
, présentant une cassure transversale mate,
terreuse, à grains jins, opaque, tendre, donnant une
poussière grise , quelle que soit d ’ailleurs sa couleur
, et fondant en une scorie noirâtre.
Ses couleurs les plus ordinaires sont le gris
plus ou moins foncé et le noir bleuâtre , très-
souvent encore le gris verdâtre, plus rarement
les gris jaunâtres et le rouge brunâtre. L’oxide
de fer est le principe colorant habituel ; mais
dans les variétés noires , c'est une matière charbonneuse
, soit à l’état de carbure de fer , soit
à l’état d’anthracite. La plupart des pbyllades se
délitent très-aisément en feuillets minces, tantôt
plans, tantôt plus ou moins contournés : leur
surface est quelquefois lisse, d’autres fois elle est
traversée par des stries profondes, et est comme
froncée : elle est tantôt terne , tantôt luisante,
d’un éclat nacré ou soyeux.
§ 184. Les derniers schistes-micacés, ceux qui
s’éloignent le plus du gneis, ne paraissent presque
composés que de mica, le quartz y est en parties-
presque imperceptibles, et le tissu en est très-fin ;
mais encore le mica s’y distingue , soit en petites
paillettes , soit en pellicules très-minces : ensuite,
ces paillettes ou ces pellicules se lient plus intimement
les unes aux autres, elles ne se séparent
qu’en feuillets plus épais, formés de leur réunion,
et on a déjàunphyllade : cependant en l’examinant
à une vive lumière, ou à l’aide d’une loupe, on
aperçoit encore sur la surface des feuillets , une
multitude de petites écailles de mica extrêmement
déliées, et l’on voit que tout le corps en est
composé : ses reflets sont encore , en partie , ceux
du mica ; mais bientôt les écailles se fondent les
unes dans les autres , l’aspect cristallin disparaît,
et on a un tout d’apparence homogène ; c’est le
vrai phyllade. Les paillettes de mica que l’on voit
quelquefois sur ses feuillets, sont plutôt renfermées
dans sa pâte qu’elles n’en sont partie :
les points quartzeux , qui ont d’ailleurs diminué
en quantité , sont entièrement invisibles , ils sont
en tout ou en partie fondus dans la masse. C’est
ainsi que s’établit, de la manière la plus continue
et la mieux graduée, le passage entre ces deux roches
, et par suite le passage du phyllade au gneis
et au granité.
Ce fait est un des plus positifs de la science ;
tous les géognostes sont unanimes sous ce rapport.
Ferber, en donnant la première descrip