
à leur pied : s'ils y sont en quantité considérable ,
et que leur prix puisse compenser les frais de leur
exploitation , on 1 entreprend à l'aide de divers
lavages auxquels les Allemands donnent le nom
de seiffenwerk.
Les minerais qui se rencontrent le plus fréquemment
dans les terrains de transport, de la
manière que nous venons d indiquer, sont le fer
sulfuré , le fer oxidulé, l"or, l’étain et le platine :
ces trois derniers sont les seuls dont la haute valeur
porte à l’extraction.
Celle de l’or est la plus universellement pratiquée.
Quoique ce métal n’existe qu’en fort petite
quantité dans la nature, il y est cependant répandu
sur un très-grand nombre de points : il est
disséminé en petites parcelles, grains ou paillettes
dans les roches , et lorsque celles-ci se brisent et
se décomposent, les grains et paillettes d’or , par
leur grande pesanteur spécifique et leur ténacité,
restent dans le voisinage de leur gîte primordial,
et s’y conservent entiers. Aussi, y a-t-il peu de
grands terrains de transport, au pied des montagnes,
qui n’en renferment une quantité plus ou
moins considérable. Les deux que j ai cités, au
§ 335, en contiennent notablement. — L ’Ariège,
ou Oriège ( Aurigera), doit son nom à l’or qu’elle
met à nu en traversant le premier de ces terrains.
Lors des crues, cette rivière , ainsi que les ruisseaux
qui coulent dans ce même terrain, attaque
ses rives ; elle les détrempe , emporte au loin les
terres et les sables légers ; mais les parties pesantes
, telles que les gros sables, les galets , et
sur-Lout les grains et parcelles d’or, restent dans
le lit à peu de distance du point d’où ils ont été
détachés. Dès que la rivière est rentrée dans son
lit ordinaire, les orpailleurs vont sur le rivage
qu’elle vient d’abandonner ; ils prennent les sables
, les galets qu’elle y a laissés , e t , par différents
lavages , ils en retirent l’or : assez souvent
ilsen ont trouvé des parcelles pesant douze grains;
on dit même qu’une pépiLe ( gros grain ), retirée
de l’Ariège, pesait une demi - once ( t) . Autrefois,
les plaines de Pamiers(et quelques autres
du voisinage) fournissaient annuellement, à la
monnaie de Toulouse, environ deux cents marcs
d’or (49 kilogrammes ) par an : quantité qui représente
une somme de i 3o mille francs. Vers la
fin du dernier siècle, ce produit diminua ; et, aujourd’hui
, les recherches sont totalement abandonnées.
J ’observerai ici quel’Ariège, etles autres
rivières aurifères, n’amènent point l’or qu’on en
retire des montagnes d’où leurs eaux descendent :
presque jamais elles ne charrient de paillettes
tant qu’elles sont dans les montagnes : elles ne
font que déterrer et mettre à découvert celles
déjà existantes dans les terrains de transport
(x) Mémoires de V Académie , année 176a.