
Grottes.
assises supérieures, et notamment avec le calcaire
fétide ( stinkstein ) ; dans les points où ces substances
sont en contact, elles se trouvent mélangées.
Malgré la différence dénaturé, elles ont une
grande affinité géologique, et se remplacent souvent.
Ces couches ou amas sont d une épaisseur
considérable ; rarement ont-ils moins de vingt
mètres de puissance ; assez souvent ils en ont
soixante, et à Tlmenau, dans le Thüringerwald ,
on en a vu qui en avaient jusqu’à deux cents. Ils
sont traversés par des fissures en diverses directions
, mais ils ne sont point stratifiés.
Ces gypses , comme tous les gypses en général,
ne renferment point de coquilles ; il paraît que
les animaux marins s’éloignent des eaux contenant
ce sulfate , et M. Beudant a prouvé , par des
expériences directes, qu’ils ne sauraient y vivre.
Les vestiges des végétaux y sont également rares ;
et l’on peut citer, comme un fait extraordinaire ,
celui que rapporte M. Freiesleben : il a retiré d’un
morceau de gypse, à grains fins, bleuâtre et très-
solide, des esquilles d’un b ois inaltéré, tendre (semblable
au sapin) , ayant jusqu’à un pouce et demi
de longueur ; elles y étaient tellement engagées,
qu’on ne pouvait les retirer qu’en cassant la
pierre.
§ 3o8. Les terrains gypseux renferment quelquefois
des grottes où l’on retrouve à-peu-près les
mêmesformeset lesmêmes circonstances que nous
avons remarquées dans celles des terrains calcaires.
LaThuringe en présente plusieurs : à Wimmel-
burg , près d’Eisleben , il y en a une suite reconnue
sur une longueur de 800 métrés ; mais qui
s’étend vraisemblablement jusqu’à des lacs distants
de deux lieues : elle est formée d’une file de
chambres, ayant de 5o à 60 mètres de long, 3o ou
4o mètres de large , 10 et 20 mètres de haut, et
jointes par de longs couloirs de 4 ou 5 mètres de
largeur et de hauteur : elle sert de galerie d écoulement
aux eaux de quelques exploitations.
Ces grottes doivent très-vraisemblablementleur
existence à la dissolution de masses saliferes qui
remplissaient originairement ces vides, et qui auront
été dissoutes et emmenées par les eaux : de
nouvelles eaux , agissant ensuite sur les parois
gypseuses des cavités, auront élargi les vides.
La seule inspection de ces parois suffit pour
en convaincre ; je les ai vues couvertes d’énormes
rides , à-peu-près comme serait la surface d’un
corps que l’on aurait tenu, pendant quelque tems,
dans un dissolvant qui en aurait inégalement attaqué
les parties. Un limon noirâtre de quelques
mètres d’épaisseur , qu’on voit souvent sur le sol
des cavités, est vraisemblablement composé des
parties insolubles.
Les grands vides qui se sont formés et qui se
forment dans les terrains gypseux, y donnent lieu
à de fréquents affaissements du sol : ils sont quel