
TERRAINS DE TRANSPORT.
Rhinocéros.
Hitpampoep.oTapir.
Mastodonte.
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Parmi les ossements fossiles , on en trouve qui ont appartenu
à une espèce de rhinocéros , que M. Cuvier assure être
différente de celles qui vivent aujourd’hui dans les Indes. Ses
vestiges se trouvent presque par-tout avec ceux de l’éléphant ’
mais ils sont moins nombreux : on en a découvert, entre autres
endroits, à Avignonet, à dix lieues au sud-est de Toulouse.
Mais c’est encore dans les terres glacées de la Sibérie qu’ils se
trouvent en plus grande quantité et mieux conservés ; en 1771 ,
on en rencontra un entier , et en état de corruption , à moitié
enterré dans le sable qui borde le Viloui : il était encore revêtu
de sa peau ; mesuré en place, il avait trois aunes trois quarts de
Russie ( 2 ,3 o mètres ) de longueur, et on a estimé sa hauteur
à trois aunes et demie ( 2 , i 5 mètres) (1).
Les ossements fossiles d hippopotame appartiennent à deux
espèces ; « l’une est si semblable à l’espèce vivante, dit Cuvier,
qu’ il ne m’a pas été possible de l’en distinguer; » l’autre est à-
peu-près de la taille d’un sanglier ; mais c’ est une copie en miniature
de la grande espèce. Au reste , ces ossements se trouvent
en bien moindre quantité que les précédents.
En nombre moins considérable encore sont les ossements
fossiles de tapir, trouvés en quelques endroits de notre ancien
continent ; ce qui les rend principalement remarquables , c’est
que les tapirs ne vivent plus aujourd’hui que dans l’Amérique
méridionale.
Les animaux fossiles dont nous venons de parler, ont dés
analogues, au moins pour le genre, parmi ceux qui existent
actuellement à la surface du globe ; mais en voici deux qui ne
sont plus dans le même cas.
Dans l’Amérique septentrionale, notamment sur les bords
de l’Ohio, on a trouvé un grand nombre d’ ossements fossiles
qu’ on avait cru appartenir au mammouth ou éléphant de Si- 1
(1) PallaS , Voyages, tom, Y,in-8°
bérie; mais M. Cuvier a fait voir qu’ils en différaient ; ils doivent
avoir appartenu à un animal d’un genre particulier, que ce
savant nomme mastodonte : il avait quelque ressemblance
avec l’éléphant, par ses défenses et par toute son ostéologie ;
sa hauteur était à-peu-près la même ; mais il était plus allongé,
il avait les membres plus épais et le ventre plus mince ; il devait
se nourrir de végétaux à-peu-près comme l’hippopotame et le
sanglier.
Dans trois endroits de l’Amérique méridionale , on a trouvé
les restes d’un animal remarquable par une très-épaisse et très-
forte membrure ; dans le Paraguay , à trois lieues de Buenos-
Ayres, on en a déterré un squelette presque entier, qui est conservé
dans le cabinet d’histoire naturelle de Madrid : il a douze
pieds de long sur six de hauteur. On en voit une copie dans
l’ouvrage de M. Cuvier , où cet animal, sous le nom de mégathérium
, est placé dans la famille des édentes , entre les paresseux
et les fourmilliers.
Les tourbières et terrains de transport de l’Irlande nous ont
présenté plusieurs bois d’une sorte de cerf ou d’élan différent
de ceux que nous connaissons : ces bois sont remarquables par
leur grandeur ; on en a trouvé dont chaque branche avait huit
pieds anglais, et l’envergure quatorze.
Les buffles fossiles dont les débris se trouvent en Sibérie,
seraient encore d’une espèce différente de nos plus grands buffles,
et à plus forte raison de nos boeufs.
Les autres ossements fossiles trouvés dans les terrains de transport
appartiennent à des espèces connues et aujourd’hui vivantes
dans les mêmes climats, ou dumoins la science, dans son état
actuel, ne donne pas les moyens d’assigner lenrs différences spécifiques
: tels sont entre autres les ossements des diverses espèces
de boeufs, tant de Yaurochs, le plus grand d’entre eux , que du
boeuf domestique, du cerf, du chevreuil, du castor, du sanglier,
et sur-tout du cheval. Ces derniers se trouvent peut-être même
Megatherium.
d’IErllaannde.
Buffles.