
Enfin, au-dessus, et faisant l’étage supérieur
du terrain des environs de Paris , on a une formation
calcaire différen te de celles que nous avons
vues jusqu’ici, qui s’étend à de grandes distances,
et qui se retrouve dans des lieux très-éloignés.
Elle consiste en un calcaire contenant plus ou
moins de silice, et ne renfermant plus que des.
coquilles terrestres et fluviatiles , de là le nom de
calcaire d ’eau douce qu’on lui donne habituellement.
11 est blanc ou légèrement jaunâtre :
quelquefois il est tendre comme de la marne ou
de la craie , mais le plus souvent il est compacte,
solide , à grains fins , et à cassure concoïde , approchant
du calcaire du Jura : il est même parfois
dur et cassant, et ne peut guère se tailler ;
les carriers le nomment alors clicart.
Non - seulement ce calcaire paraît imprégné
d’une quantité plus ou moins considérable de silice
, mais encore il renferme un grand nombre
de produits siliceux, tantôt ce sont des silex py-
romaques ou cornés , tantôt des meulières qui
sont en général plus compactes que celles de l’assise
inférieure.
D’ailleurs, cette formation est assez simple ,
c’est - à - dire qu elle renferme peu de couches
étrangères : on n’y voit plus ces couches de marne
et d’argile qu’on trouve à tout instant dans les
formations inférieures.
M. Brongniart qui, le premier, a fixé l ’attention
des minéralogistes sur ce calcaire, remarque qu’il
présente très-souvent des cavités cylindriques irrégulières
, et à-peu-près parallèles quoique sinueuses
; et cette propriété peut souvent servir à
le faire reconnaître.
« Mais ce qui caractérise essentiellement ce
calcaire, dit le même auteur, c’est la présence
des coquilles d’eau douce et des coquilles terrestres
, presque toutes semblables pour les genres
à celles que nous trouvons dans nos marais ; ces
coquilles sont des limnées, des planorbes, des
cyclostomés , des hélices, etc. »
§ 321. Nous venons de considérer le terrain
des environs de Paris sous le rapport minéralogique,
c’est-à-dire sous le rapport des différentes,
assises minérales qui le composent. Si nous voulons
maintenant le diviser d’après les fossiles qu’il
renferme , nous pourrons, avec M. Omalius , y
distinguer quatre étages. Le premier, celui d’en
bas , comprendrait l’argile plastique , le calcaire
grossier avec le grès inférieur : on n’y aurait que
des coquilles marines. Le second renfermerait le
calcaire siliceux inférieur, le gypse et les marnes
inférieures : les coquilles, e t, en général, les animaux
fluviatiles et terrestres, seraient ici caractéristiques
( abstraction faite des coquilles marines
qu’on trouve au bas du gypse ). Le troisième serait
formé des marnes supérieures, des sables et
des grès ; le petit nombre de coquilles qui s’y trou-
Division
zoologique,.