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adjacente, tandis que les cristaux qu’elle porte sur
l’autre face, semblent enfoncer leur pointe dans
la couche subséquente. Enfin, les cristaux des deux
couches du milieu se présentant leurs sommets,
s’engrènent les uns dans les autres, e t, en croissant,
ils finissent par remplir le filon.
Il arrive assez souvent que les deux couches
intérieures ne se joignent pas, et qu’elles laissent
ainsi un vide entre elles. De là les cavités que l’on
voit dans les filons, et dont les parois, ordinairement
tapissées de cristallisations , portent le
nom de druses, et de fours ou poches à cristaux:
elles sont presque toujours oblongues, parallèles
aux salbandes, et se trouvent le plus souvent
dans les parties où le filon, par une augmentation
de puissance , présente un renflement considérable.
Ce sont évidemment les restes d’une fente
qui ne s’est pas entièrement remplie.
Les cristaux qu’on voit dans les druses, montrent
quelquefois un fait extrêmement remarquable.
Leur moitié supérieure (celle qui est tournée
vers lezénith)estrecouverte d’autres cristaux plus
petits , tandis que la partie inférieure n’en porte
aucun. Dans le cabinet de minéralogie de Frey-
berg , on a dç gros fragments de druses, dont les
cristaux de quartz ou de spath calcaire sont recouverts,
sur une moitié seulement, de petits cristaux
de pyrite, de fer oxidulé et de plomb sulfuré.
Dans un grand nombre de mines , j’ai vu le dessus
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de cristaux de quartz qui s’avançaient dans les
druses, garnis de cristallisations de spath calcaire,
ou de spath perlé ; elles ont été manifestement
produites par un liquide qui, venant d’en haut,
les a déposées à la surface des parties saillantes sur
lesquelles il tombait.
La masse des filons offre encore quelquefois
une particularité dont nous devons faire mention.
Entre elle et la roche adjacente, tantôt du côté
du toit ou du mur, tantôt des deux côtés, et sur
une étendue plus ou moins considérable, on a une
mince couche d’argile ou de limon. Les Allemands
donnent à cette lisière le nom de besteg (1).
Les filons renferment souvent des fragments
de la roche adjacente , qui sont comme empâtés
dans leur masse ; leur nombre est quelquefois assez
considérable pour que le tout présente l’aspect
d’une brèche. Leur forme anguleuse et l’identité
parfaite de leur substance avec celle de la roche
voisine ne laissent aucun doute sur leur origine.
Quelquefois le métal s’est porté de préférence
autour d’eux , et il les a enveloppés d’une mince
couche. Les mines du Hartz présentent un pareil
fait ; le minerai, plomb sulfuré, y porte le nom de
(i) Cette argile, dans des filons que tout indique être antérieurs
à la formation des terrains secondaires et même intermédiaires,
me paraît très-remarquable. L ’argile serait- elle quelquefois de
formation primitive, et non une production de la destruction d*s
roches feldspathiques ?