
grauwacke : d’ailleurs une partie du grès rouge
de ce dernier auteur semble tenir à la grande formation
de marne rouge, qui a beaucoup de rapports
avec notre seconde formation de grès.
§ 276. Le grès ancien, tout comme le terrain
houiller, ne contient presque aucun vestige de
coquilles, quoique placé entre deux terrains calcaires
qui en renferment quelquefois une quantité
considérable. Ce fait tient-il à une différence
dans le mode de formation, ou à ce que des eaux
chargées de silice et autres matières n’étaient
pas compatibles avec l’existence de ces êtres ? On
cite à peine quelques térébratules trouvées dans
le grès rouge du nord de la France.
Ce sont les végétaux , et sur-tout les bois pétrifiés
, qui abondent dans les terrains de grès
proprement dits. On en a observé une grande
quantité en Thuringe , notamment sur les montagnes
de. Kijfhoeuser ; auprès du Tilleda, entre
aulres points, on trouve, dans une carrière de
poudingue , exploité pour en faire des meules de
moulin, des troncs d’arbres ayant jusqu’à trois
pieds de diamètre et quinze pieds de long : ils
sont silicifiés, et l’intérieur de leurs pores et vaisseaux
présente une multitude de petits cristaux
de quartz ; on y voit aussi des paillettes de fer micacé
et des parcelles de bary te. On n’a pas encore
pu déterminer l’espèce de ces végétaux, on sait
seulement qu’ils appartiennent à des monocotvlédones,
car ils sont simplement composés défibrés
longitudinales, et ils n’ont point de couches
concentriques. M. de Schlottheim les voyant si
nombreux dans les grès de l’Allemagne , et les
retrouvant en même quantité et dans le même
état, au milieu des déserts de la Libye, de laTarta-
rie et de l’Amérique, serait tenté de regarder le
sable de ces immenses plaines comme provenant
de la destruction ou décomposition des terrains
de grès (i).
§ 277. Le grès ancien contient une assez grande
quantité de substances métalliques. Le fer surtout
y abonde : non-seulement il y est universellement
répandu sous forme d’oxide , mais encore il
y forme souvent de vrais minerais qui sont F objet
de quelques exploitations : c’est habituellement
du fer hydraté ; il y est en géodes et en veines ou
filons, traversant le grès en tous sens. En Alsace ,
M. Calmelet en a observé un remarquable par
sa structure : il a environ quatre pieds de puissance
, et il est divisé en bandes parallèles aux
parois ; quelquefois ces bandes , en se repliant
sur elles mêmes, donnent naissance à des géodes,
le plus souvent creuses ; l'intérieur en est en-
(1) E s sa i sur V histoire naturelle des fo ssile s considérés sous le
rapport géologique, inséré dans le Taschenbuch f u r die gesamte
mineralogie, par M. Léonhard, i 8 i 3.
La majeure partie de ce que nous dirons, dans ce traité, sur les
fossiles des divers terrains, sera extrait de ce mémoire important.
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