
que l’on a remarqué que les basaltes qui gissaient
sous des assises calcaires, présentaient plus fréquemment
des noyaux de cette dernière substance.
Quelque fortes que soient les objections
contre la formation des nodules par infil-
tration, cependant plusieurs faits forcent d’admettre
la perméabilité des laves à divers fluides.
On trouve quelquefois de l’eau en nature dans
l’intérieur des basaltes et des laves les plus compactes
; elle y remplit, en tout ou en partie, les
cavités bulleuses qu’ils renferment. M. Richardson
en a vu assez souvent dans les beaux basaltes
prismatiques de la chaussée des Géants en Irlande.
M. Breislak rapporte que M. Thomson ayant fait
rompre un bloc de lave qui était dans un des vallons
de la Somma , et qui contenait dans ses cavités
plusieurs belles cristallisations de carbonate
calcaire radié, on trouva de l’eau dans quelques
unes de ces cavités. Les laves de Capo di
B oçe, près de Rome, dont nous avons parlé
( § ^7 °) , « sont, dit Dolomieu ^extrêmement
dures, d’un grain serré ; elles ont quelques cavités
dans l’intérieur des massifs les plus épais, et
ces cavités sont toujours remplies de l’eau la plus
claire et la plus limpide. » I
Je cite un exemple de la pénétration des exhalaisons minérales.
A Almerode, auprès du Mont-Meisner, il y avait autrefois
une usine à plomb dont les fourneaux étaient bâtis avec des
basaltes cellulaires ; après leur démolition, on trouva plusieurs
cellules remplies de plomb, soit métallique, soit oxide. J ’ai été
à même d’en voir/sur les lieux, un échantillon dont les cavités
avaient quelques lignes de diamètre : les unes étaient
vides, d’autres étaient remplies de minium, d’autres renfermaient
des boules de plomb dont la surface portait eomme
une écorce de litharge jaune ; dans quelques - unes , on voyait
l’hémisphère supérieur saupoudré d’oxide blanc formant comme
une espèce de duvet en barbe de plume.
Les minéraux qu’on trouve ordinairement
dans les basaltes amygdaloïdes, sont :
i° Le carbonate calcaire (quelquefois à l’état
d’arragonite). Il est le plus souvent en globules
ou noyaux compactes, ou striés du centre à
la circonférence; quelquefois il tapisse de ses
petits cristaux l’intérieur des géodes. En quelques
endroits, les noyaux sont si multipliés qu’ils
forment la majeure partie de la masse, laquelle
est quelquefois employée alors comme pierre à
chaux.
2° La plupart des minéraux de la famille des
zéolites. C’est même dans les basaltes qu’ils se
trouvent le plus habituellement. Ils abondent
dans ceux de l’Irlande, des Hébrides, des Or-
cades, dans ceux d’une partie de l’Etna et des îles
des Cyclopes. Dolomieu a observé, dans ces îles,
des prismes de basalte renfermant une telle quantité
d’analcime , que cette substance formait la
moitié de la masse (i).
(i) Dolomieu pensait que les zéolites ne pouvaient être produites
que par l’infiltration des eaux marines, et qu’ ainsi tous les basaltes