
une cassure compacte. Les montagnes de pho^
nolite se présentent fort souvent sous une forme
conique , se détachent ainsi des masses environnantes,
ets’élèventfréquemment au-dessus d’elles:
cette forme , jointe aux divers groupements des
prismes, leur donne quelquefois un aspect singulier
et presque grotesque qui semble leur appartenir
plus particulièrement qu’aux autres roches ;
M. de Humboldt, qui en avait été frappé en Europe
, 1 a retrouvé en Amérique : en France , les
roches Sanadoire et la Thuilière, au pied du flanc
septentrional du Mont-Dore , en présentent des
exemples remarquables. Les phonolites, étant
en quelque sorte des varié Lés de trachyte , passent
tres-souvenl à cette roche , et appartiennent
principalement aux terrains trachytiques ; mais
ils passent aussi assez fréquemment au basalte,
et se trouvent encore dans les terrains basaltiques;
ils lient, en quelque sorte , ces deux espèces de
roches. Dans les premiers de ces terrains, ils
sont le plus souvent, d’après les observations
faites jusqu’ici, ou dans leurs parties supérieures
ou sur leurs bords (i).
c ) Brèches et tufs trachytiques.
§ 363. Presque tous les terrains de trachyte pré-
sententune immense quantité debrèchesetde tufs,
(i) Voyez une histoire plus circonstanciée que j ’ai donnée d*
phonolite dans le Journal de physique, tom. LIX.
provenant de la destruction et de la décomposition
des masses trachytiques , ainsi que des
déjections de scories, de ponces, et de cendres qui
ont vraisemblablement accompagné leur pro-
ductiori. Ces brèches et tufs forment en quelque
sorte de nouveaux terrains qui entourent
les premiers, et qui, quoique inférieurs en niveau,
s’élèvent encore à une hauteur souvent considérable.
Les parties qui avoisinent le terrain primordial
sont formées principalement de brèches
à gros fragments, qui ont quelquefois plus de
mille mètres cubes de volume. M. de Humboldt
a observé auprès de Tacunga, dans le royaume
de Quito, d’énormes masses de ponces plus
grandes encore, et qui étaient entourées d’une
matière terreuse provenant de leur décomposition.
En général, à mesure qu’on s’éloigne, les
fragments diminuent de grosseur , et l’on a
bientôt un assemblage de couches, dont les unes
sont souvent une simple terre ou cendre qui,
tassée et imbibée d’eau , a pris une consistance
quelquefois considérable et dont les autres sont
un mélange d’une pareille matière, de scories et
de ponces.
Le Mont-Dore et le Cantal montrent d’énormes
masses de pareilles brèches ou tufs sur tous
leurs flancs et dans leurs vallées : ces masses
y sont recouvertes, en plusieurs endroits, par
des basaltes , et peut-être même par des assises