
on y trouve encore des veines de gypse ordinaire
et de gypse anhydre (je dois cependant dire que
MM. Bowles et Traill n’y en ont pu trouver la
moindre trace).—M. Cordier voyant la masse saline
divisée en strates verticales, prenant en considération
la stratification, ainsi que la nature du
terrain calcaire environnant, et conduit par des
rapports entre le gypse de Cardonne et celui de la
Savoie, regarde cette masse comme faisant partie
de ce terrain et comme étant de formation intermédiaire
; tandis que M. Traill et d’autres minéralogistes
ne voient en elle qu’un dépôt simplement
superposé à ce calcaire (i).
Le terrain d’où sortent les sources salées de
Dieuze, Moyenvic , \ ic , Marsal, Château-Salins,
en Lorraine , a encore des rapports avec ceux
que nous venons de décrire. Il présente une alternative
de couches à-peu-près horizontales de
calcaire coquillier, de gypse mêlé d’argile, d’argile
salée , de marne schisteuse, de grès micacé, et de
petites couches de lignite. On vient d’y découvrir,
par le sondage, auprès de Y ic , à 65 mètres
au-dessous de la superficie du sol, une grande
masse de sel pur; le i er septembre ( 1819) la
sonde s’y était déjà enfoncée de 21 mètres, et
elle n’en avait pas atteint le fond. 1
(1) Traill. On the sait mines o f Cardona, Transactions o f the
geological society, tom. III.
Nous avons vu ( § 252 ) que M. Struve regardait
la masse salifère de Bex, en Suisse , comme
appartenant à la formation dont nous venons de
parler, celle de Wieliczka, de Salzbourg, etc.
Le gypse et le sel gemme se trouvent encore
dans des terrains bien postérieurs au grès avec argile.
On a dans la petite Pologne des sources salées
sortant d’un calcaire peut-être postérieur au
calcaire coquillier. Nous avons vu que M. Stef-
fens regardait les gypses de la Basse-Allemagne
comme faisant partie de la formation crayeuse ,
et l’on rapporte à ces gypses et au sel qu’ils
contiennent, des eaux salées qui sourdent dans
cette contrée. M. de Humboldt nous apprend encore
que c’est en traversant une argile salifère
de nouvelle formation , et superposée à un terrain
de grès calcaire contenant des veines de
gypse , que les eaux des marais salants d’Araya ,
auprès de Cumana , se chargent du sel qu’elles
déposent ensuite sur le fond de ces marais.
Quant aux grandes masses de sel qui existent
dans les déserts de l’Afrique et de l’Asie , ainsi
que dans les steppes de la Sibérie, et sur les plateaux
et les plaines de l’Amérique , nous en traiterons
en parlant des terrains de transport.