
Ils sont très-communs dans le règneminéral; on peut leur rapporter
Jes veines d’asbeste qui traversent les serpentines (i), les
cloisons de spath calcaire dans les marnes appelées ludi hel-
montii, etc.
Werner cite comme des exemples des stock-
werks dont nous venons de parler, les gîtes d’é-
tain d’Altenberg, de Geyer et d’Ehrenfriedersdorff1'
en Saxe. A Altenberg, je n’ai cependant vu, au
milieu du porphyre, qu’une masse quartzeuse, intimement
mélangée de chlorile, et imprégnée de
minerai d’étain en particules indiscernables à la
vue simple ; quelques endroits en contenaient
plus que d’autres : ce serait bien un stockwerk ,
mais non dans le sens que l’entendait Werner.
A Geyer, on a de petits filons parallèles qui traversent
une masse granitique et se prolongent
dans un gneis qui l’enveloppe et qui est ainsi de
meme formation; larocheest imprégnée d’étain,
sur-tout au voisinage des filons. Le gîte d’Ehren-
friedersdorff est semblable , mais les filons de
quartz, contenant de l’étain, des pyrites arseni- (i)
(i) Dans ces veines d’asbeste, ainsi que dans toutes celles à minéraux
fibreux, tels que certains calcaires , gypses , etc. les fibres
sont perpendiculaires au plan de ces petits filons. On remarque
une pareille position dans les prismes des filons basaltiques (^338),
et cependant ici ce sont de vrais filons remplis par le haut et la
forme prismatique est l’effet d’un retrait, tandis que la forme fibreuse
est un produit de la cristallisation. Au reste, nous avons
observé qu’ une attraction moléculaire paraissait aussi avoir concouru
à la division en prismes ( § i i 5 ).
cales, des topazes, de la chaux phosphatée, etc., sont
plus considérables et s’étendent avec beaucoup
de régularité à de plus grandes distances; ils forment
moins de stockwerks, qu’un de ses systèmes
défilons parallèles, que Werner nommegangzügc
(traînées de filons).
Nous donnerons comme un exemple d’un stockwerk
formé par des rognons ou grains disséminés
dans une masse, la montagne de Bleyberg, à huit
lieues au sud-est d’Aix-la-Chapelle : elle consiste
en un grès siliceux blanchâtre, à grains légèrement
agglomérés (§277), alternant avec des pou-
dingues à galets de quartz ; il contient une immense
quantité de grains de plomb sulfuré, ordinairement
gros comme des pois , et plus ou
moins mêlés de sable : dans les poudingues,
* le minerai se dispose quelquefois en forme de
couche ou d’auréole autour des galets. On retire
annuellement de cette montagne seize mille
quintaux de plomb, et quarante mille quintaux
d'alquifoux ou plomb sulfuré pour le vernis des
poteries.
Plusieurs portions des montagnes granitiques
du pays de Cornouailles, qui sont comme imprégnées
de minerai d’étain, ët quelquefois en assez
grande quantité pour donner lieu à une exploitation
profitable , seraient encore un exemple des
stockwerks consistant en portions de roches chargées
de minerai en parties extrêmement petites.