
ble ; de la le nom de brandschiejer ( schiste combustible
) qui lui est donné par les Allemands ,
que M. Brochant a convenablement traduit par
schiste bitumineux, et que Wallérius nommait
schistus carbonarius. Ce schiste se trouve souvent
en feuillets minces, entremêlés avec ceux de la
houille, dont il se distingue par une cassure transversale
d’un aspect mat et terreux : quelquefois
il est en feuillets courts et épais, de forme lenticulaire
, que les houilleurs du nord de la France
nomment escaillages ; d’autres fois il forme des
strates entières de plusieurs pouces d’épaisseur ,
intercalées dans des couches de houille qu’il
divise ainsi en deux ou trois parties dans le sens de
la stratification ; d’autres fois encore, des couches
entières et même des terrains houillers en sont
presque entièrement formés : tel'est le cas de
presque toutes les houillères du pays de Namur ;
le schiste y a peu de consistance, et il y est appelé
terre houille ; c’est, ainsi que le nom l’indique, un
mélange de terre et de houille dans lequel la première
de ces deux substances domine notable-
ment. En général, le schiste bitumineux est très-
abondant dans les houillères, et il est peu de morceaux
de houille d’un volume considérable qui
en soient totalement exempts. Quelquefois il se
charge de beaucoup de silice, etpasse alors au schiste
siliceux, oulydienne, en restan t tou jours impré-
gnécle carbone ; de là les nombreux fragments de
cette pierre que l’on trouve dans les lits de rivières
qui traversent certains pays houillers. C’est surtout
dans les couches épaisses et dans les renflements,
que ces schistes abondent, et qu’ils altèrent
la qualité des houilles : il en est de même dans les
plis que forment souvent les couches, ainsi que
dans le voisinage des failles qui les traversent ;
les feuillets de houille y sont brisés , entremêlés
avec ceux de schiste, sans ordre régulier, mélangés
de terre , et présentent ce que les mineurs
nomment des brouillages.
La houille même montre quelquefois dans
ses couches une sorte d’altération dont nous devons
faire mention. Sa consistance diminue , son
tissu se relâche , au point qu’on n’a plus qu’une
masse pulvérulente , assez semblable à de la suie,
ce qui a porté M. Yoigtà faire de cette variété
une sous-espèce de houille sous le nom de 7ns-
skohle ( carbon semblable à la suie). Il y a peu de
houillères qui n’en renferment une plus ou moins
grande quantité. Jars rapporte qu’il s’en trouve
assez considérablement aux mines de Caron , en
Ecosse : elle y est entre les feuillets de la houille,
sous la forme d’une poudre noire qui tache fortement
les doigts : les ouvriers l’y nomment clod-
coal (houille en grumeaux ).
Dans la plupart des houillères que j’ai visitées, j ’ai vu très-fréquemment
au milieu de la hquille , des petites masses d’un noir
mat et foncé , et d’un tissu fibreux, ayant entièrement l’aspect