
minerai qu’on retire de ces opérations est jete
dans les fourneaux. Dans les montagnes a étain
du pays de Cornouailles, on a un très - grand
nombre de semblables exploitations ; dans les unes,
la couche chargée de ce métal est à la superficie
du sol; dans les autres, elle est sous des assises de
transport encore plus nouvelles. D’après M. de
Bonnard, qui a suivi cette exploitation a Pento-
van, on y a des couches d’environ deux mètres
d’épaisseur, recouvertes par un massif de terrain
de près de quinze mètres de hauteur, et composé
de couches horizontales de gravier, tourbe, sable
et vase de mer avec coquillages ; le tout repose sur
un schiste-phyllade qui recouvre le granité (voyez,
le plan de cette exploitation dans l’atlas de la R ichesse
minérale , planche 21 ).
Toutes les pierres qui, parleur nature et leur
dureté, peuvent résister à la décomposition et se
conserver dans les terrains de transport, en sont
également extraites par des lavages, ou seiffen ,
lorsque toutefois elles sont d un prix suffisant
pour payer les frais de ce travail ; et tel est le cas
de presque toutes les gemmes : la plupart de celles
qui sont dans le commerce, les grenats venant de
Bohême, les zircons , les rubis, la majeure partie
des topazes, tous les diamants, etc., ont été retirés
de la terre par un pareil procédé.
Sel § 342. Le sel commun (muriate de soude) et
peut-être encore quelques autres sels, doivent
être mis au nombre des minéraux qui se trouvent
dans les terrains de transport : les plus étendus
d’entre eux, les déserts de l’Afrique, les plaines
de la Perse, et les steppes de la Sibérie, en présentent
une quantité immense.
Tous les voyageurs qui ont traversé les déserts
de l’Afrique et de l’Arabie, parlent de la salure
du sol ; presque par-tout elle y rend les eaux saumâtres.
Dans les sables voisins de l’Egypte , le sel
se trouve en boules et en masses : le grand désert
de Barbarie est recouvert, en quelques endroits,
d’une croûte de ce minéral, qui y est quelquefois
d’une telle blancheur qu’elle ressemble à du beau
marbre, et d’une telle épaisseur qu’on l’exploite
et la coupe, comme en pierres de taille, pour bâlir
des maisons (1). Cfn s’en sert pour le même usage
à Ormutz en Perse ; Pline avait déjà appris que
dans quelques parties de l’Arabie on en faisait un
pareil emploi, et qu’avant de mettre en place
ces espèces de pierres , on en humectait un peu
la surface , afin qu’elles se liassent de manière à
ne faire qu’un seul tout.
Olivier rapporte, dans son voyage en Perse ,
que les grandes plaines ou déserts de ce pays,
consistent en un sol argileux imprégné de sel.
Cette substance , d it-il, est si abondante dans
toute la Perse , qu’elle est charriée dans tous les
(1) Malte-Brun, Précis de la Géographie, tom. IV.
3 i.