
secondaires et intermédiaires , qu’il devrait sembler
extraordinaire de ne pas les y voir dans les
terrains primitifs. Cependant, si le gypse y
existe, ce n’est qu’en bien petite quantité f et jusque
dans ces derniers tems, on n’en avait cité
aucun exemple. Il y a environ vingt ans que
MM. Freiesleben et de Humboldt observèrent
dans le val Canaria , près d’Airolo , au pied méridional
du Saint-Gothard, une masse gypseuse
mêlée de beaucoup de mica, et qui reposait sur un
terrain de schiste-micacé. Ces savants pensèrent
qu’elle en faisait partie , et depuis cette époque,
ce gypse a été donné comme un exemple de gypse
primitif dans tous les traités de géognosie.
Mais M. Brochant étant allé sur les lieux, il y a
quelques années, et ayant examiné, autant que
les localités le permettaient, la disposition du
terrain et des couches, tant du schiste que du
gypse, a révoqué en doute la contemporanéité de
leur formation ; et, dans un mémoire remarquable,
comme tous les écrits de ce savant professeur,
par une sagesse et une modestie, apanages du
vrai savoir, il a regardé ce gypse comme de formation
postérieure. Il a étudié, en même tems,
les circonstances du gissement de plusieurs autres
gypses des Alpes, et il pense n’en avoir vu aucun
qu’il ne soit fondé à considérer comme étranger
aux terrains primitifs.
situé dans la vallée d’Aoste , au-dessus du village
de Cogne, eldont j’avais fait connaître, en 1807,
le gissement (1). Je retrace les principaux faits.
La montagne où il se trouve appartient à la formation
du schiste-talqueux qui constitue le sol de
cette vallée ; c’est elle qui renferme la grande couche
de serpentine, au milieu de laquelle est l’énorme
masse de fer oxidulé dont nous avons fait
mention ( § 2 14). La partie supérieure de la montagne
est formée d’un schiste-micacé ou lalqueux
très-chargé de calcaire; et c’est à sa cime, à 3o6o
mètres environde hauteur, et intercalée, delà manière
la plus évidente, entre ses strates, que se
trouve une petite couche de gypse d’environ un
mètre d’épaisseur ; le minéral est d’un beau blanc,
grenu à grains fins, renfermant beaucoup de talc,
tantôt en paillettes isolées ou groupées en petites
pelotes, tantôt en fibres déliées et semblables à
l ’amianthe. Ici le gypse est réellement partie constituante
de la montagne , c’est une des assises qui
en forment l’édifice. Or, cette montagne fait partie
des Grandes-Alpes, qui s’étendent depuis le
Mont-Blanc jusqu’au Mont-Rose ; elle est de même
nature. « Voilà donc un gypse de même forma-»
» tion que ces hautes montagnes, qui ont toujours
» été regardées comme primitives, c’est-à-dire
» antérieures à l’existence des êtres organisés, et