
Tourbe, et
ses diverses
sortes.
§ 345- La tourbe, qui en forme la partie essentielle
, est un composé de parties végétales, de
racines, de menues tiges , de feuilles , provenant
en très-grande quantité des plantes herbacees et
marécageuses, et de mousses plus ou moins converties
en une substance noirâtre et combustible .
elles ont souvent conservé , au moins en partie ,
leur première forme et structure , mais souvent
aussi ellessontentièremcntdécomposees, etiln en
résulte plus qu’une masse noire, homogène, continue,
brûlantavec une fumée et une odeur semblables
à celles de certains combustibles minéraux.
Nous en distinguerons trois sortes principales,
sous le l'apport géognostique :
i° Celle qui n’est presque qu’un tissu ou espece
de feutre spongieux forme de racines, fibres et
parties végétales encore très - reconnaissables ;
quelquefois même elle n’est qu’un tas de plantes
ou parties de plantes flétries et serrees les unes
contre les autres. La tourbe de cette première
espèce se trouve à la superficie des tourbières ;
c’est le bousin des tourbeurs picards.
20 Au-dessous, la tourbe est d’un brun plus
foncé ; les plantes sont en grande partie décomposées
; on n’y voit guère plus que quelques filaments
végétaux.
3° Enfin la décomposition est complète ; les
indices de la végétation ont disparu ; on n’a plus
qu’une masse noire , homogène, habituellement
molle , en un mot une tourbe limoneuse. Quelquefois
même elle est liquide et forme comme
un suc ou bitume noir qui coule sur la pente des
terrains.
Très-souvent ces trois sortes de tourbe se trou-
ventimmédiatemen t les unes au-dessous des autres,
et l’on voit évidemment les progrès del’altération
qui a fait passer graduellement les végétaux delà
superficie à l’état de cette vase ou masse bitumineuse
qui est au fond.
§346. Quelques exemples feront connaître cette Constitution
constitution dont nous venons d esquisser les bières,
premiers traits.
La France nous en fournit un bien remarquable
dans les tourbières de la vallée de la Somme.
Elles y forment une masse continue ou presque
continue : l’épaisseur du banc de tourbe , près
d’Amiens, est de six à dix pieds ; elle augmente
en descendant la vallée ; elle atteintson maximum
(trente pieds) à deux lieues avant Abbeville ; au-
delà , elle diminue de plus en plus. La partie
supérieure du banc, immédiatement au-dessous
de la terre végétale, est entrelacée de liges et de
racines de roseaux qui ne sont pas encore de-
composées au-dessous elle est plus homogène,
quoiqu’on y reconnaisse le tissu des végétaux qui
y sont bituminisés : elle est d’un brun foncé,
devient noire et se fendille en se desséchant.
Dans la couche inférieure , on trouve ordinaire