
que peu de plomb ; dans celle de Cornouailles r
on a trouvé une quantité assez considérable de
cuivre natif ; il y est en filets et en veines.
§ 216. La serpentine est très-abondante dans les
Alpes, ainsi que nous l’avons remarqué. Saussure ,
et tous les minéralogistes qui ont parcouru ces
montagnes, ont fait mention des masses et couches
qu’elle y forme dans un grand nombre de
localités : quelques-unes sont ass»z étendues pour
être regardées comme des masses de montagnes ;
l ’assise qui est sur le flanc méridional du mont
Rose , au passo d ’Oient, a plus de deux lieues
d’étendue, et souvent plus de trois cents mètres
d épaisseur. Dans le val Tornanche, dans la vallée
de Brusson , en Piémont,’on parcourt des lieues
entières dans cette roche. Nous avons remarqué
qu’elle constituait en partie les hautes cimes du
mont Rose , du mont Cervin, du Breithqpn, etc.
Dans les Pyrénées, elle est en bien moindre
quantité : je n’y en ai vu que de petites masses :
elle est également assez rare dans les terrains primitifs
du centre de la France; cependmrt, en Limousin,
près de Saint-Yriex, on a des exploitations
sur un banc de cet te roche qui s’étend à plusieurs
lieues de distance.
Elle est plus commune dans les montagnes du
centre de l’Allemagne ; il y en a dans le Fichtel-
herg, en Saxe , en Silésie , etc.
L’Angleterre n’en présente que sur un point, au
cap Lizard, sur sa cote meridionale : la serpentine,
qui y occupe plusieurs milles carrés, repose sur un
sol primitif, elle renferme des couches de schiste-
micacé , èt. est bordée de phyllade de formation
intermédiaire ; leur rapport respectif de gisse-
inent S’ayant pu être déterminé, on ne saurait
indiquer avec précision à quelle classe elle appartient.
M. Berger, en nous la faisant connaître dans
tous ses détails , a essayé de la rapporter à une
des deux formations reconnues par Werner en
Saxe , et il a accompagné cet essai de très-judicieuses
réflexions. Cette serpentine contient de
grandes masses d’une stéatite demi-transparente ,
qu’on peut pétrir comme de la pâte, lorsqu’elle
sort de la carrière ; elle est mêlée, en outre, avec
une roche dont nous allons parler (1).
Elle est assez commune dans les montagnes des
Etats-Unis de l’Amérique : elle y est mêlé avec du
calcaire, elle est traversée pardes veinesd’asbeste,
et elle contient du fer oxidulé et du ferchromaté.
Au Mexique, dans la mine de Yalenciana , au
milieu d’un terrain de phyllade , M. de Humboldt
à vu une vraie serpentine alterner avec des couches
de siénite et de schistes amphiboliques. A
l’île de Cuba, il a trouvé cette même roche encore
accompagnée de siénite et contenant une
grande quantité de diallage. I 1
(1) Trans, o f the g_eol. soc. , tom. I.