
et souvent même plus sablonneuses que calcaires,
et renferment presque toujours des grains ou parcelles
de cette matière verte , semblable à de la
chlorite, que nous avons vue dans les bancs inférieurs
de la craie ( § 3oo ). Elles contiennent une
prodigieuse quantité de coquilles toutes marines.
Dans les couches supérieures, on a des bancs
de quelques pieds d’épaisseur, d’un calcaire assez
dur , homogène, à gros grains, d’une couleur légèrement
jaunâtre, et fournissant presque toutes
les pierres de taille dont on se sert à Paris. Ils
renferment une grande quantité de lucines et surtout
de cérites , et sont recouverts par des couches
marneuses. Les produits siliceux abondent
principalement dans les parties supérieures de
cette formation : on y voit, entre les bancs de
pierres à bâtir, de minces couches ou tables de
silex pyromaque , se rapprochant du silex corné :
àNeuilly, on y trouve des cristaux de quartz, etc.
Dans quelques lieux , ils forment des masses très-
considérables ; ce sont des silex cornés , ou des
bancs entiers de grès remplis de coquilles marines,
et si puissants qu’ils semblent remplacer entièrement
la formation calcaire, dit M. Bron-
gniart. Dans un de ces grès, près de Pierrelaie,
M. Beudant a trouvé des coquilles d’eau douce
(des lymnées et des cyclostomes) mêlées à une
grande quantité de coquilles marines, telles que
des cérites , des ampullaires , des huîtres, etc.
C’est dans l’assise de calcaire grossier que se trou ve, à huit
lieues à l’ouest de P aris, près de G rign on , l’étonnant amas
de coquilles qui a rendu le nom de ce village célèbre en histoire
naturelle ; ces coquilles , toutes marines, sont pêle-m êle,
et comme par amas ou veines, dans un calcaire sableux et friable',
elles sont entières et bien conservées. M. de France y en a
trouvé environ six cents espèces différentes, qui ont été décrites
, pour la plupart, par M. Lamarck.
M. Omalius a observé un dépôt analogue, à l’extrémité opposée
du terrain de Paris , près de Reims ; les coquilles y sont
aussi nombreuses et de même espèce qu’à Grignon ; mais elles
sont encore mieux conservées , plus dures, et ont gardé leur
aspect nacré ; elles gisent dans un calcaire tendre et friable.
O n retrouve jusqu’en Touraine ces memes depots de coquilles
marines. Il y en a un auprès de Sainte-Maure depuis
long-tem s connu des naturalistes : c’est un banc d environ
neuf lieues carrées de surface, et de plus de vingt pieds d épaisseur
, presque entièrement composé de coquilles brisées et formant
une masse sans consistance. Il est exploité comme engrais
; on le répand sur des sables qui seraient absolument stériles
sans ce secours. O n d on n e, dans le pays, le nom defaluti
aux amas de fragments de coquilles, et celui Aefalumeres aux
carrières d’où on les retire (1).
§ 3 i 6 . Au-dessus du calcaire grossier, se trouve
un calcaire siliceux , que l’on regarderait comme
sa continuation, s’il n’en différait par la nature des
coquilles qu’il contient ; elles sont d eau douce.
Cetle assise est formée de couches distinctes de
calcaire tantôt tendre et blanc, tantôt gris etcom-
(1) Réaumur a décr't ces faluns et détaillé leur emploi dans les
Mémoires de VAcadémie , 1720.
Calcaire
siliceux,