
de schiste et de grès ( traumate) à empreintes végétales,
lequel repose immédiatement sur le sol
primitif : un échantillon de ces anthracites , soumis
à l’analyse chimique , a donné 97 pour cent
de carbone ; le reste n’étant qu’un résidu terreux
et ferrugineux , on peut en conclure que l’anthracite
est un carbone pur (1). A Lischwitz , près
de Géra, en Saxe, dans une montagne de phyl-
lade, et entre deux bancs de traumate contenant
des empreintes végétales et même des débris de
corps marins, on aune couche d’anthracite,souvent
citée par les auteurs allemands ; elle a environ
unmètre d’épaisseur, et est mêlée de quartz :
elle brûle difficilement, sans flamme, sans fumée
et sans odeur.
Presque par-tout les masses d’anthracite sont accompagnées
d’empreintes de végétaux : la multitude de ces empreintes dans
les terrains houillers , jointe à d’autres considérations , porte la
plupart des naturalistes à regarder les houilles comme un produit
de l’altération et de la décomposition des substances végétales
, ainsi que nous le verrons dans la suite. Par une raison
analogue, les anthracites des phyllades seraient d’origine végétale
; le carbone, ou matière anthraciteuse qui colore ces roches
en noir, aurait aussi une pareille origine ; donc tous les
phyllades noirs seraient postérieurs à l’existence des êtres organisés
, donc ils appartiendraient tous aux terrains intermédiaires
; et la couleur seule, ou plutôt la nature de principe
colorant, serait ici un indice de la classe : au reste y quelque
exactes que me paraissent ces conséquences , je dois cependant
(1 Journal des Minet, tom. X IY .
remarquer qu’il n’est pas complètement prouvé que tout carbone
dans le règne minéral soit d’origine végétale; que le
carbure de fer se trouve quelquefois en paillettes ou cristaux ,
au milieu des plus anciens granités , et que ce carbure est souvent
le principe colorant des ardoises ou phyllades noirâtres.
Parmi les minéraux qui se trouvent en couches
dans les phyllades intermédiaires, je dois encore
signaler les suivants :
90 Le feldspath compacte. Dans un terrain de
phyllade incontestablement intermédiaire , près
de Poullaouen, en Bretagne, j’ai vu une couche de
feldspath compacte, blanc, mat, opaque , d’une
cassure cireuse et d’un aspect gras, contenant de
petits cristaux de quartz, et quelques paillettes de
mica-argentin : elle a quelques mètres d’épaisseur
et s’étend à trois mille mètres environ de distance.
C’est au milieu des ardoises entremêlées de grès et
de poudingues(ceux de Trient et de Valorsine), et
par suite dans un phyllade vraisemblablement intermédiaire,
que Saussure a remarqué, àjPisseça-
che , entre Saint-Maurice et Martigni, plusieurs
couches de feldspath compacte, feuilleté, dur ,
verdâtre, translucide aux bords, fondant en verre
blanc, et contenant quelques cristaux de feldspath
et des lames de mica : après avoir complètement
déterminé la nature de cette roche, il l’a nommée
pétrosüex primitif ou paldiopètre (1). M. de Char- 1
(1) §§ io5^ et 119 4 , Saussure était encore un excellent minéralogiste:
l’oryctognosie lui doit la découverte et la détermination