
globules lilhoïdes que nous avons vus dans les trachytes ordinaires
de la Hoagrie. Outre les verres compactes, la montagne
en présente quelques-uns qui sont boursouflés, poreux, et se
rapprochent des pierres ponces; d’autres qui sont légers et
semblent formés de réseaux de verre capillaire : quelques cavités,
dans les masses compactes, montrent encore des filaments
et des houppes d’un verre aussi délié que le cheveu.
Les masses volcaniques: vitreuses , lorsqu’elles
sont noires, prennent, ainsi que l’on sait, le nom
d’obsidiennes ; les unes fondent en émail noir,
ce sont des basaltes vitreux dont nous parlerons
dans la suite ; les autres, fondant en émail blanc,
sont des trachytes : leur couleur est-elle due à
une simple fuliginosité qui se dissipe au feu , ou
bien est-elle un simple effet de lumière provenant
de la disposition des molécules ?
C’est principalement en rognons ou boules
que se trouve l’obsidienne dans les terrains trar
chytiques. Dolomieu en a vu , à nie Ponce,
qui avaient jusqu’à quatre pieds de diamètre ;
elles renfermaient des grains blancs de feldspath'
vitreux demi-fondu, et étaient contenues dans
un trachyte ponceux. Très-souvent le centre des
globules de trachyte émaillé de la Hongrie est
formé d’un grain d’obsidienne. En Amérique,
M. de Humboldt a observé, près Zinapecuaro dans
le Mexique , des montagnes de trachyte émaillé,
contenant des rognons de cette substance. Ailleurs
il a vu des montagnes d’obsidienne, présentant
une alternative de bandes de cette roche à l’état
vitreux et à l’état émaillé. Une de ces masses
d’obsidienne lui a présenté un fait remarquable ;
elle contenait un grand nombre de globules de
trachyte (cristallites) , ayant derrière eux un vide
allongé, et offrant l’image de noyaux de comète,
traînant une queue à leur suite. On a observé
un fait semblable sur les trachytes de Yulcano.
Je renvoie au Traité de minéralogie de M. Brongniart ,
pour d’autres détails sur les obsidiennes et les perlstein. En y
voyant six analyses de ces minéraux faites par nos plus habiles
chimistes, j’ai été frappé de la ressemblance entre leurs résultats,
principalement sur le rapport entre la silice et l’alumine, point
essentiel pour la composition du feldspath. Dans ces six analyses
, la quantité de silice , sur cent parties d’obsidienne, n’a
varié que de 7 1 à 75 , et celle de l’alumine, de 12 à i4 ; ainsi,
le rapport est ànpeu-près de 6 à 1 : pour le feldspath ordinaire,
les analyses que nous avons donnent environ 4 à 1 , et, pour
des laves phonolitiques, 5 à 2.
Presque tous les produits volcaniques vitreux, et peut-être
tous, contiennent une quantité plus ou moins considérable de
matières alcalines, potasse ou soude ; elle va quelquefois jusqu’à
former le dixième de la masse. La plupart sont encore remarquables
par une quantité notable d’eau, qui parait être une
de leurs parties constituantes : Klaproth et M. Vauquelin en ont
retiré plus de quatre pour cent de certaines variétés ; et Spallan-
zani, ayant soumis à la distillation 12 onces de beau verre de la
montagne délia Castagna, en a obtenu i 44 grains d’eau (c’est-
à-dire 2 pourcent), contenant2 grains d’acide muriatique. Cette
eau, si extraordinaire au milieu de produits volcaniques, et d’un
aspect vitreux, est vraisemblablement la cause de cet aspect,
ainsi que du boursouflement de plusieurs obsidiennes lorsqu’on