
Terrains
de l’île de
Wight.
quantité de coquilles marines; et M. Webster,
en prenant en considération leur espèce, rapproche
l’argile de Londres des couches inférieures
du calcaire à cérites de Paris. On a retiré encore
de cette argile des ossements de crocodiles
et de divers poissons, des crabes, des bois percés
par des animaux marins , des bois pyritisés, etc. :
on y a aussi vu quelques coquilles d’eau douce ,
qu’on présume toutefois n’y être qu’accidentelles :
elles auraient été charriées par les fleuves dans
la mer où l’argile s’est déposée.
§ 323. Les terrains tertiaires se sont présentés,
au midi de l’Angleterre, dans le Hampshire et
l’île de Wight, avec des circonstances qui les
rendent très - remarquables : je m’arrête sur le
point principal. A la partie occidentale de l’île ,
à Alum-Bay , l’on a, entre deux bandes de terrains
à couches horizontales, une bande à couches
presque verticales : elle consiste en une
masse de craie dont les couches sont très-incli-
nées , et sur laquelle s’appuient des couches entièrement
verticales d’argile, de sable et de pou-
dingues , ayant en tout quatre cents mètres d’épaisseur
: c’est, d’après M. Webster, la formation
des environs de Londres. Aprèsla couche d’argile,
qui représente l’argile de Londres, on a une assise
de sable blanc qui reprend la position horizontale,
et qui est recouverte par une couche d’argile.
Au-dessus s’élève une petite butte, appelée
Headen-hill, d’environ cent mètres de hauteur,
et composée d’une alternative de couches d’argile,
de marne se rapprochant quelquefois du calcaire,
et de sable calcaire : ces couches ne contiennent
que des coquilles d’eau douce ; mais , au milieu
d’elles , il s’en trouvé une d’argile ou de marne
verte, ayant onze mètres d’épaisseur, et qui renferme
une très-grande quantité de coquilles marines
d’une belle conservation. M. Webster a
comparé les quatre étages ou formations de Headen
hill ( deux formations à coquilles marines
alternant avec deux formations à coquilles d’eau
douce), avec les quatre étages des terrains des
environs de Paris (§ 320 ) ; et la ressemblance
entre les fossiles, dans chaque étage correspondant,
a bien montré qu’il y avait effectivement
quelques rapports entre eux ; mais ce ne sont que
des rapports d’âge : car, d’ailleurs, ici et dans
le terrain de Londres, nous n’avons plus de couches
de même nature ; ce ne sont plus les calcaires
â bâtir, les gypses, les grès, les meulières, etc. ,
de Paris ; à leur lieu et place, nous n’avons plus
que dés argiles, des marnes, et des sables très-
mélangés.
M. Webster, examinant la manière dont il est possible de concevoir
la formation de ces terrains , remarque qu’à Londres,
comme à l’île de Wight et à Paris, il serait bien possible qu’ils
fussent des dépôts opérés dans d’énormes lacs qui occupaient
des enfoncements ou bassins dans l’ancien sol; il remarque en