
pris dans la nature ; et c’est peut-être celui qu’elle nous présente
avec le plus de précision. Les terrains primitifs, quel qu’ait été le
mode de leur formation et de leur consolidation, n’ont point
été formés ou consolidés au même instant : il j a eu- nécessairement
uue succession detems,et les roches de la fin d’une même
période peuvent très-bien renfermer des fragments de celles qui
ont été consolidées au commencement. Dans le tems que les
masses minérales étaient encore molles , elles ont certainement
éprouvé des tassemens inégaux dans leurs diverses parties : de
là des fentes, des brisures, et par suite des fragments. Les
minéralogistes qui ont étudié les houillères et leurs failles ne
douteront nullement de ce fait : et ces failles, pleines de
roche torturée et brisée, sont presque contemporaines du
terrain qui les renferme.
Les terrains primitifs , formés antérieurement
à tous les autres , doivent se trouver au-dessous
et leur servir de support ; ce qui d’ailleurs n’empêche
pas qu’ils ne puissent constituer et qu’ils
ne constituent en effet les plus hautes sommités
d’un grand nombre de montagnes , et même des
montagnes les plus élevées du globe.
Dans la plupart des grandes chaînes, ils forment
comme une bande, de part et d’autre de laquelle
les autres terrains sont placés comme autant de
lisières differentes. Assez souvent, cette bande primitive
occupe le milieu de la chaîne ; elle en fait
la partie la plus élevée, et elle en est comme l'axe
physique. Mais souvent aussi, soit par 1 effet de
la formation originaire , sort par celui des dégradations
postérieures, elle n’est plus exacte.
ment au milieu ; elle est plus près d’un des pieds
de la chaîne que de l’autre , et quelquefois même
elle coupe la ligne du faîte ; mais c’est toujours
parallèlement à cet axe minéralogique que les
autres terrains sont placés.
Les terrains primitifs portent l’empreinte d’une
formation toute cristalline , comme s’ils étaient
réellement le produit d’une précipitation faite
tranquillement; et leur aspect est, en géneial ,
d’autant plus cristallin qu ils sont plus anciens.
Quelques-uns renferment ou peuvent renfermer
des fragments des roches qui les précèdent
en âge , ainsi que nous venons de le voir ; mais
les exemples en sont rares. D ailleurs , il n y a et
il ne saurait y avoir des bancs de poudingues et
de grès ; l’existence de ces roches supposerait
une action violente , des transports mécaniques,
et par suite des révolutions et des intenuptions
dans la suite des productions primitives, et tout
indique un état de choses contraire.
Parmi les terrains primitifs, les uns sont distinctement
stratifiés, ce sont ceux qui i enferment
du mica ; les autres ne le sont point ou presque
point ; e t , en général, ils le sont d'autant moins
qu’ils sont plus cristallins ( § i 3q ). Leurs couches,
sont assez planes, quoique quelques-uns d eux ,
notamment les schistes-micaces et les schistes-
phyllades, présentent quelquefois des couches plis -
sées, .torturées', et comme froissées dans des sens