
on y a cependant cru reconnaître des feuilles de
pommier , de frêne et même de noyer ; 2° de
petites coquilles d’eau douce, entre autres des
lymnées, quelques amphibies et une sorte de crapaud
4 3° beaucoup d’empreintes de poissons d’eau
douce, parmi lesquels M. de Blainville a reconnu
des brochets , des meuniers , des carpes , etc. On
a retiré de ces mêmes carrières, il y a environ un
siècle , un fossile très-célèbre ; c’est un squelette
que l’on prit pour celui d’un homme, et dont
Scheuchzer fit, en 1726 , le sujet d’une fameuse
dissertation intitulée Homo diluvii testis: il le donna
comme un vestige de cette race maudite qui fut
ensevelie sous les eaux du déluge universel. M. Cuvier,
ayant examiné depuis ce même squelette, are-
connu qu’il appartenait à un animal aquatique ,
sorte de salamandre ou plutôt de protée d’une espèce
inconnue et d’une taille gigantesque : il avait
trois pieds de long.
M. de Buch regarde le terrain d’Oeningen
comme une formation locale ; et il donne encore,
comme un exemple bien caractérisé d’une semblable
formation, celle qu’il a observée à Locle,
dans le pays de Neufchâtel, au milieu d’un bassin
entouré de hautes montagnes : elle consiste en
une alternative de couches de calcaire marneux
tendre, des chiste bitumineux avec des lignites ,
de silex corné à cassure écailleuse, contenant des
cristaux de quartz, e t se rapprochant de l’opale :
il renferme, ainsi que le calcaire, des bivalves
d’eau douce et des hélices.
§ 325. Le calcaire d’eau douce a sur-tout été
l’objet des recherches de nos minéralogistes dans
ce dernier tems; ils 1 ont retrouvé en un grand
nombre de lieux différents, soit en France , soit
dans les pays voisins , avec les mêmes caractères
minéralogiques et géologiques qu’aux environs de
Paris. MM. Brongniar t, Prévôt et Desmarests en ont
observé des lambeaux en Auvergne : M. Beudant
l’a vu, en Provence , recouvrir le terrain d’Aix ,
et s’étendre jusqu’à Marseille. M. Marcel de Serres
l’a étudié aux environs de Montpellier, et a
cru même reconnaître , dans ces contrées , une
formation d’eaudoucepostérieure. M.d’Audebard
de Ferrussac, quia fait une étude si particulière
des fossiles qui le caractérisent, et des fossiles
fluviatiles et terrestres en général, a constaté que
les plateaux calcaires , au nord du Tarn , entre
Montauban et Agen, appartenaient à cette formation
, qu'il a retrouvée encore en Espagne ,
aux environs de Burgos et de Séville. M. Omalius
a constaté sa présence dans la vallée du Danube ,
au voisinage d’Ulm , et dans les États Romains ,
auprès des Marais Pontins , etc.
La distinction entre les formations caractérisées
par des coquilles marines, et celles contenant
des coquilles d’eau douce, ne date que de ces dernières
années. Quelques naturalistes avaient bien
2. 28
Calcaire
d’eà'u douce.