
Mont-Salève et sur la cime la plus élevée du Jura,
le Dole, Saussure a observe des bancs entiers qui
lui ont paru n’étre composés que de grains arrondis.
Le calcaire du Jura est bien distinctement stratifié
: les couches ont de deux à cinq pieds d’épaisseur
; leur direction affecte une grande régularité,
elle est du S.-S.-O. au N.-N.-E., et est ainsi
exactement celle de la chaîne. Quant à l’inclinaison
, elle varie beaucoup : il paraît qu’originai-
rement le Jura était formé de plusieurs chaînons
parallèles et en forme de dos d’âne, lesquels
étaient composés de couches concentriques à
leur axe et pliées par conséquent comme des berceaux
de voûte ; mais qu’ensuite la dégradation
du sol a changé cette disposition et fait disparaître
, en un grand nombre d’endroits , le parallélisme
( Sauss., §§ 332 etsuiç. ). Nous remarquerons
encore que souvent, dans le centre de
la montagne , et sous le faîte du dos d’âne , les
couches sont dans une position verticale.
Le Jura renferme une quantité considérable
de débris de zoophytes et de coquilles : le calcaire
compacte et dur qui forme le noyau des
montagnes n’en contient que peu , il est vrai
mais ils abondent d ans les couches marneuses
de la superficie. Quoique l’observation n’ait pas
encore suffisamment constaté le rapport qu’il
peut y avoir ici entre les diverses couches et les
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diverses sortes de coquilles , M. de Schlottheim
dit que, dans les couches anciennes, on a principalement
des corallites , l’espèce d’encrinite qui
donne les cariophylites, quelques espèces particulières
d’orthocéralites, de numismales, de bé-
lemnites , d’ammonites ; plusieurs espèces d’é-
chinites, d’huîtres , de buccinites, etc. Dans les
couches moins anciennes , outre quelques échi-
nites, bélemnites et ammonites , ce sont sur-tout
des turbinites et des térébratules, ainsi que quelques
empreintes de dents de poisson. Ces corps
sont très-inégalement répandus ; e t, encore ici ,
chaque couche coquillière semble contenir une
famille particulière.
Le calcaire du Jura renferme peu de couches
étrangères. On y voit cependant :
i° Des couches marneuses , contenant quelquefois
du gypse et du soufre.
2° Des couches d’argile : quelques-unes sont
imprégnées de sel gemme ; de là les sources salées
qui sortent du pied du Mont-Jura.
3° Des couches de minerai de fe r , consistant
principalement en géodes et grains de fer hydraté :
elles se trouvent principalement avec les couches
d’argile qui sont vers la partie supérieure de la
formation.
4° Quelquesminc.es couches de houille.
5° Des couches d’asphalte : on en a une de trois
mètres d’épaisseur dans le à al-de-Travers; auprès