
sable ferrugineux. Il n’en fait qu’une seule formation, celle
des oolites, et il la divise en trois assises: i° Y inférieure
comprend, depuis lui, le lias avec ses marnes ou argiles , un
sable et grès micacés, la couche oolitique inférieure, et une glaise
avec de la terre à foulon, formant un tout de près de 4-oo mèt.
d épaisseur ; 20 la mitoyenne renferme la grande couche oolitique
( pierre à bâtir ) , une marne sableuse contenant de
minces couches houilleuses, le foresl-marble et le cornbrasch,
un calcaire grossier et sableux, et une argile bleue ; cette assise a
25o mètres ; 3° la supérieure, ayant environ 45o mètres d’épaisseur,
est formée de couches de sable et grès calcaire, d’oolite
terreuse avec coraux ( coral rag ) , de calcaire oolitique, d’argile
bitumineuse et gypse, de calcaire siliceux avec des silex
cornés ( portlandstone ) , et de marne alternant avec de la
pierre calcaire. Toutes les couches, que nous venons de désigner,
ont été énoncées en suivant leur ordre de superposition ,
de bas en haut.
§ 297. Les coquilles sont en très-grande quantité
dans cette formation, avons-nous dit; quelques
couches sont entièrement formées de leurs
débris ; d’autres, il est v rai, n’en contiennent
point ou presque point. M. de Schlottheim a remarqué
, dans les parties de l’Allemagne où il a
fait ses observations , que les couches les plus anciennes
sont, en très-grande partie , composées
de fragments d'encrines et trochiles ; de là le nom
de calcaire à trochite qu’on leur donne quelquefois.
La manière dont s’y trouvent des familles
entières d’encrines lui a paru prouver que ces
corps étaient encore dans leur gîte natal. Les couches
supérieures sont principalement caractérisées,
d’après ce même savant, par des térébra-
tules lisses, des chamites lisses et striées, des familles
de mytulites et d’ammonites : les ammonites
nudosi et franconici lui paraissent exclusivement
propres au calcaire coquillier. On y voit encore
des trombinites , des huîtres ( ostracites spondi-
loïdes), rarement des buccinites, des échinites,
des pectinites , etc.
C’est à la formation coquillière que Werner
rapporte le calcaire de Pappenheim ou d’Aich-
stætt, en Franconie (M. de Humboldt le regarde
comme appartenant au calcaire du Jura), remarquable
par les empreintes de poissons et d’autres
animaux qu’on y a trouvées. Il est d’un gris jaunâtre
et d’une cassure compacte : il se divise en
couches ou dalles dont l’épaisseur augmente , en
général, à mesure qu’on s’enfonce : celles qui
sont voisines de la superficie sont minces comme
des feuilles de carton, et employées en guise d’ardoise
: celles qui sont au-dessous, formant des
plaques planes, servent pour faire des tables,
des carrèlements, et sont plus propres que tout
autre calcaire pour la lithographie : plus bas ,
elles fournissent des pierres de taille pour les escaliers
, etc. Entre les feuillets des couches supérieures
, on trouve souvent des empreintes ou
reliefs de squelettes de poisson, quelquefois avec
une petite partie de portion écailleuse ou du tronc :
d’après les déterminations de M. de Blainville ,