
de grosseur , jusqu’à ce qu’on arrivât à des par^
ties compactes, au moins en apparence.
Lorsque la masse des laves est en mouvement,
les bulles s’allongent très-fréquemment dans le
sens du courant, etprennent la forme d’ellipsoïdes
quelquefois semblables à des tuyaux. Les experiences
de Spallanzani ne laissent point de doute
sur la cause de cette forme : ce naturaliste remarque
que, tant que la matière des laves qu i
faisait fondre restait dans le creuset, les bull
étaient orbiculaires, mais qu’elles devenaient elliptiques
dans les parties qu’il faisait couler. Que -
quefois, sur-tout lorsque la matière est visqueuse,
en se dilatant pour former des bulles , elle produit,
au milieu de ces vides, des filaments plus ou
moins nombreux , et plus ou moins déliés, a-peu-
près comme ceux que nous voyons dans une pâte
bien levée. Ces filaments , ainsi que les parois des
cellules, ayant éprouvé un plus prompt refroidissement
que le reste de la masse, ont ordinaire-
ment pris un aspect émaillé et comme vernisse ,
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sée à l’état lithoïde.
Quoiqu’en général les laves cellulaires aient,
par les raisons que nous venons de. donner, plus
de rigidité et & aigreur que les laves compactes ,
il s’en trouve cependant quelques-unes, criblées
d’ailleurs de pores et semblables à des épongés ,
qui sont entièrement lithoïdes et traitables. Elles
se travaillent aisément en pierres de taille , que
leur porosité et la légèreté qui en est une suite font
employer avec avantage dans les constructions.
Je citerai deux exemples que j’ai été à même d’observer, et
qui donneront une idée de la manière dont les laves poreuses
se trouvent dans les terrains volcaniques.
Auprès de la petite ville de Volvic, en Auvergne, on a une
grande coulée de lave basaltique, qui sort d’un ancien volcan,
le P uy de la Nugère, et qui s’étend à plus de trois mille mètres
de distance, ayant en quelques endroits plus de mille mètres
de largeur. La lave est boursouflée à la superficie, et jusqu’à
environ un mètre de profondeur. Au-dessous, elle est d’un
noir grisâtre, pleine de petites cavités arrondies, moins pesante,
moins dure, et sur-tout moins aigre que celle des autres
courants de l’Auvergne ; ce qui permet de la tailler avec facilité,
et ce qui a fait établir des carrières sur plusieurs de ses points.
La pierre y est divisée par des fissures en masses prismatiques
très-informes, que les ouvriers détachent à l’aide de leviers et
de coins, et qu’ils taillent ensuite. Les villes de Riom et de
Clermont, tous les bourgs et villages voisins en sont bâtis.
ANiedermenich, à cinq lieues à l’ouest de Coblentz, ona des
carrières encore plus importantes dans une lave à - peu - près
semblable, également criblée de petits pores, et divisée en gros
prismes informes. Elle gît sous une couche épaisse de tuf volcanique
, et l’exploitation a lieu dans la masse jusqu’à une profondeur
de huit à neuf mètres : au-dessous, le basalte est plus
dur, et ne peut plus servir aux mêmes usages; celui qu’on travaille
est principalement destiné à des meules de moulin , pour
la Hollande, l’Angleterre et le nord de l’Europe.
§ 378. L’altération me paraît être la cause de
quelques états que présentent les laves basaltiques,
et qui les a fait regarder comme des variétés, et