
Pierre
d’alun.
qu’ils se sont formés directement dans ces roches
: les éléments de ces pierres ont été remis
de nouveau en solution, et il s’est de nouveau
formé des produits cristallins (voyez §273) » :
et ce qui est bien à remarquer , ces produits
sont évidemment liés aux tufs ponceux, et comme
eux ils contiennent des bois silicifiés. C est au milieu
de ces porphyres régénérés que se trouve
l’aluminite, ou pierre d’alun , qu’on exploite en
Hongrie.
Cet aluminite, qui paraît être un sous-sulfate d alumine
et de potasse, d’après les travaux de Descotils , est disséminé
dans la roche , en petites parties à pièces distinctes
ou à grain cristallin , en concrétions à texture fibreuse et quelquefois
compacte, et en petits cristaux. Au reste, il parait
que toute la roche en est imprégnée, mais quelle ne s’y trouve
en assez grande quantité, pour suffire aux frais de l’ exploitation,
que dans quelques localités, principalement dans les environs de
Beregh et de Tokai, Laroche, dans ces endroits, est tantôt un
porphyre terreux , et c’est la plus riche, tantôt un porphyre
compacte, contenant beaucoup de cristaux de quartz , et dont
la pâte paraît être un feldspath compacte, imprégné de silice et
d’aluminite ; il fond très-difficilement, et il est très-caverneux;
les parois des cellules sont recouvertes de très - petits cristaux
d’aluminite; en un mot, c’est une variété àeporphyre-meulière.
On voit d’ailleurs son passage au tufponceux, et le passage de
celui-ci à la brèche trachytique.
La pierre d’alun de la Tolfa , dans les États-Romains, paraît
à M.Beudant avoir un gissement semblable. Les échantillons,
tant de cette pierre que de la roche qui la contient, ressemblent
parfaitement à ceux de Beregh; la pierre, ou aluminite, a les
mêmes caractères oryctognostiques ; et la roche est encore,
d’après M. Borkowski, un porphyre semblable au porphyre
keratique ( hornsteinporphyr, § 196 ), celluleux et infusible, à
pâte feldspatho-quartzeuse. Ici, comme en plusieurs endroits
de la Hongrie, elle contient des pyrites. L ’aluminite s’y trouve
en cristaux, en veines testacées, et même en filons qui ont
jusqu’à quatre mètres d’épaisseur , mais d’ailleurs fort irréguliers
: ils sont accompagnés d’argile. Cette roche repose immédiatement
sur le calcaire ; mais M. Beudant remarque qu’à
peu de distance on a des montagnes de trachyte ( les monts Ci-
mini ) et des brèches de cette substance.
Les îles de l’Archipel renferment encore des roches d’alun,
présentant toutes les mêmes circonstances de gissement, de
nature et d’aspect.
M. Cordier a également reconnu l’aluminite dans des galets
d’une brèche siliceuse du Mont-Dore; galets qui contiennent
quelquefois du soufre dans leurs cavités bulleuses.
Cette dernière substance a été observée assez souvent par
M. de Humboldt, dans les matières terreuses des brèches et tufs
des Andes.
§ 364- Les terrains de trachyte que j’ai été à
même d’observer, 11e m’ont présenté aucune régularité
, aucun ordre dans la disposition de
leurs parties. Ce sont diverses variétés de cette
roche présentant quelquefois l’image d’assises,
entassées les unes sur les autres, et passant continuellement
et insensiblement les unes aux autres.
J ’ai déjà remarqué que le phonolite se trouve habituellement
au-dessus des terrains trach y tiques
ou sur leurs bords.
Le basalte qui accompagne si souvent les tra-
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