
Elle renferme, dans leur maximum de ténuité,
les différentes parties qui entrent dans la composition
du terrain houiller ( la houille exceptée ) :
ces parties, détritus de roches préexistantes, sont
grosses dans les poudingues, petites dans les grès,
et infiniment petites et par conséquent invisibles
dans les argiles schisteuses. Au reste, elles ne sont
pas entièrement de même nature dans ces diverses
couches : celles qui proviennent de la destruction
du quartz, conservant un plus grand volume , se
trouvent principalement dans les grès, tandis que
celles qui proviennent du feldspath , de l’amphibole
, etc. , se réduisant en terre , abondent dans
l’argile tout comme elles forment la masse principale
du ciment du grès : et l’argile schisteuse
ne serait que ce ciment, contenant une quantité
plus ou moins considérable de grains sablonneux
et invisibles.
D’après cela, l’argile schisteuse est une production mécanique
, et ne saurait être assimilée au phyllade, lequel, se trouvant
au milieu des schistes-micacés et n’en étant qu’une variété,
est un produit chimique. Certainement, il y a souvent une
grande ressemblance entre ces deux substances ; elle est quelquefois
telle qu’il est impossible de dire à laquelle des deux on
doit rapporter certains échantillons ; mais il ri’eD est pas moins
vrai qu’elles diffèrent essentiellement ; la différence est la même
que celle qui existe entre le quartz grenu et le grès ( § 25o ) ,
et elle subsistera tant qu’on en reconnaîtra une entre la dissolution
des molécules d’un corps, ou leur simple suspension
dans un fluide.
Presque toujours l ’argile schisteuse, principalement
lorsqu’elle se rapproche du grès, contient
une grande quantité de paillettes de mica, le plus
souvent interposées entre ses feuillets.
On y voit encore habituellement, sur-tout dans
le voisinage des couches de houille , des impressions
de fougères, de tigesde roseaux, etc. Elles s’y
trouvent avec une telle constance , qu’elles sont
devenues, en quelque sorte, caractéristiques pour
l ’argile schisteuse du terrain houiller, et qu elles
lui ont quelquefois fait donner le nom de schiste
à empreintes végétales. Elle n’en contient cependant
pas également par-tout ; et quelquefois, sur
des étendues assez considérables, on n’en trouve
point ou presque point. Nous reviendrons bientôt
sur ces vestiges de plantes.
L’argile des houillères renferme souvent beaucoup
de carbonate de fer ; quelquefois il reste
disséminé dans la masse générale de la roche ;
mais fréquemment il se réunit, se. pelotonne , et
forme des masses aplaties, de forme lenticulaire ,
grises, et plus ou moins mélangées de matières terreuses
et charbonneuses. Ces masses sont placées
dans le sens de la stratification ; ordinairement on
en a plusieurs à peu de distance les unes des autres
, et rangées sur le même plan : quelquefois
meme elles se touchent, se fondent les unes dans
les autres , et forment de petites couches ayant
quelques pouces d’épaisseur. Ce minerai est, dans
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