
Phylladè
intermédiaire.
§ 236. C’est ce dernier qui constitue la masse
principale des terrains traumatiques.
Ilne diffère en rien, ou presque en rien, sous les
rapports minéralogiques , du phylladè que nous
avons décrit dans le chapitre précédent. Werner
observe , il est vrai, que celui des terrains intermédiaires
est en général d’un gris de fumée, qu’il
a moins d’éclat, qu’il a un aspect plus terreux, que
les paillettes de mica y sont isolées et dispersées ,
et qu’elles ne forment point de feuillets continus
et luisants , qu’on n’y voit point de cristaux de
feldspath, de tourmaline , etc. ; mais toutes ces
différences ne sont que locales, car, d’ailleurs ,
dans les Alpes , les Pyrénées , les Ardennes , on
voit des phyllades ou ardoises intermédiaires , se
rapprocher par leurs caractères des plus beaux
schistes talqueux , et y passer entièrement.
La variété de phylladè à feuillets très-épais , à
cassure transversale , terne et terreuse , dont j’ai
parlé ( § i 85 ), se trouve abondamment dans les
terrains intermédiaires : elle y a même été prise
souvent pour un traumate à grains très-fins.
Cette substance, que j’ai fort souvent rencontrée dans la nature,
et que j’ai toujours été embarrassé de rapporter à aucune des
roches déjà dénommées, me paraît mériter un nom particulier ;
j ’ai fait connaître son essence : elle se rapproche du phyl-
Iade et paraît pétrie d’une même pâte, mais moins fine: on
ne peut cependant pas la nommer phylladè compacte et
grossier. Elle se rapproche beaucoup de la wacke décrite par
M. Brongniart, dans son Traite' de minéralogie ; mais comme
je crois qu’il convient de ne point sortir ce nom des terrains
volcaniques où il est particulièrement usité, je propose de
nommer cette sorte de phylladè térénite, à cause de son peu de
dureté.
S 237. Le phylladè intermédiaire présentera
encore les mêmes couches que nous avons remarquées
dans le phylladè primitif ; nous aurons encore
ici :
i° Des couches ou masses de talc. Je viens d’indiquer
des montagnes qui en présentent assez souvent
; et je me bornerai ici à dire que les phyllades
de Glaris , en Suisse, célèbres par leurs empreintes
de poissons, sont accompagnés de roches
talqueuses ;
20 Des couches, de schiste-coticule, ou pierre à
rasoir ;
3° Des couches de serpentine ;
4° Des couches de quartz. Ce minéral est aussi
commun dans les phyllades intermédiaires , qu’il
l’est dans ceux des terrains primitifs ; il s’y trouve
sous toutes les formes possibles, en veines, en filons
, en rognons , en couches, etc.
5° Il y est encore sous forme de lydienne. Nous
avons fait connaître la nature et le mode de formation
de cette substance , page io3 : et je me
bornerai à dire qu’elle est plus abondante encore
dans les terrains intermédiaires ; elle leur appartient
même exclusivement, d’après quelques géo-
gnostes. Encore ici on en trouve une multitude de
Couche*
hétérogènes.