
expliqué ces faits (1). Ils ont également frappé
M. l’ingénieur Beaunier, lorsqu’il a levé, dans Lous
leurs détails , les plans des couches houillères du
Forez. « Dans les nombreux points, dit-il, où
» l ’on peut saisir la superposition immédiate du
» terrain houiller au terrain primitif, on voit
» très-nettement le premier prendre toutes les
» courbures commandées par le relief du second,
» sans qu’il en résulte aucune solution de conti-
» nuité , ^et aucune fracture dans les couches. »
Ce minéralogiste tire de ces observations diverses
conséquences géologiques d’un grand intérêt ;
telles, par exemple, que « les couehessont aujour-
d hui dans la même situation qu’à l'époque où
elles se sont déposées sur le terrain primitif ; et,
par conséquent, que ce ne sont ni des bouleversements,
ni des révolutions qui les ont redressées
et les ont mises dans la position inclinée qu elles
présentent sur quelques points » , et il fait à ce
sujet une observation importante ; c’est que
« lorsqu elles sont fortement inclinées, il arrive
» généralement que leur épaisseur croît dans la
» profondeur ; effet analogue à ce qui aurait lieu
» à l ’égard des matières déposées en talus sur
» des plans plus ou moins inclinés (2). »
Ce qui est vrai pour les couches du Forez, et
d’un grand nombre d’autres houillères, ne saurait
(1) Journal des M in e s , n° 8.
(2) Annales des M in e s , tom. I.
cependant être généralisé, et il est positif que
l ’inclinaison de plusieurs couches , ou parties de
couches , est l’effet d’urx redressement postérieur
au dépôt.
Je cite un exemple que j’ai été à portée de bien observer ; il
est pris des couches si singulièrement pliées et repliées d’An-
zin, près de Valenciennes. Pour nous faire une idée de leur
forme et de leur disposition , supposons une couche plongeant
vers le midi, avec une inclinaison de 75° ; qu’à une certaine profondeur
, à deux cents mètres, par exemple, elle se plie brusquement
et se relève vers le nord, en faisant avec 1 horizon un
angle de x5°; et qu’au bout de 5oo mètres, elle se replie encorede
manière à plonger de nouveau de 75° vers le midi ; elle présentera
à-peu-près la forme d’un N . Qu’on se figure maintenant un grand
nombre de couches de houille, de grès et d’argile , ayant toutes
cette même forme, emboîtées les unes dans les autres, et faisant
ainsi un énorme paquet d’une demi—lieue de large et de
plusieurs lieues de long ; et l’on aura une idée assez exacte du
système de couches dans lequel sont les belles exploitations
d’Anzin. Dans les plis, les couches de houille sont le plus souvent
brisées, leurs feuillets sont entremêlés de ceux de la roche;
mais quelquefois aussi la courbure est bien arrondie , et
sans la moindre rupture : c’est ainsi que j’ai été à même d’observer
très-distinctement une couche de près de deux pieds de
puissance, se plier de manière à présenter une courbure très-
régulière, formant un arc d’environ cent degrés, et dont le rayon
était de trois mètres ; tous les feuillets de la houille suivaient
cette courbure, en conservant un parallélisme parfait
avec les salbandes , et il en était de même des couches de
roche qui étaient au toit et au mur (1). Les houillères des environs
de Mons , et de plusieurs autres lieux , présentent des
(1) Jou rnal des Mines, tom, XYIII