
Nous allons parler d’abord de celle qui, nous
montrant d’une manière distincte tous les principes
composants du basalte , nous donne , en
quelque sorte, le secret de sa composition.
§ 069. Nous avons vu que les masses volcaniques
étaient composées de minéraux qui se présentaient
quelquefois en grains distincts les uns
des autres. Ces masses, lorsqu’elles sont vers
l’extrémité de la série que nous avons établie
( § 354 ), c’est - à-dire lorsqu’elles contiennent,
outre le feldspath , beaucoup de pyroxène, du
fer oxidulé , de l’amphibole , etc. , sont des dolentes.
Elles sont rarement à gros grains , et formant
des masses éminemment granitoïdes ; je pourrais
même dire n’en avoir jamais vu d’une texture
parfaitement semblable à celle des granités : on
avait plutôt des cristaux que des grains granitiques
, et on apercevait une pâte dans laquelle
ils étaient noyés ; ou bien c’était un assemblage
de petits cristaux enchevêtrés les uns dans les
autres. Les dolérites n’ont été observées que dans
les anciens terrains basaltiques. Le plus bel exemple
que j’en connaisse , est celui du Mont-Meisner
en Hesse ( § 86) : la partie supérieure du plateau
de basalte qui constitue la sommité de cette montagne
est formée de grains lamelleux de feldspath
très-souvent verdâtres, de petits cristaux
d’augile, de quelques cristaux d’amphibole, et
de beaucoup de grains de fer oxidulé ; 1e feldspath
domine : ses grains sont quelquefois comme
des pois ; ils vont ensuite , ainsi que les autres ,
en diminuant de grosseur ; et, par une diminution
successive, on arrive au basalte le mieux caractérisé.
Au volcan éteint de Beaulieu , a trois
lieuesd’Aix en Provence, M. Ménard de la Groye
a vu en place, et portant, dit-il, des indices de
fusion et de coulée , une dolérite composée de
grains bien distincts de feldspath, d augite , d o-
livine, avec des lames de fer oxidé, et des particules
de fer oxidulé. Je n’en ai point observé en place
dansl’ Auvergne ; j’en ai seulement vu des échantillons
isolés, dont un, entre autres, venant du
Cantal, présentait, en quelques endroi ts et au milieu
d’une matière gris-noirâtre et criblée de petits
pores, des parties principalement composées de
cristaux de feldspath vitreux, et d’amphibole en
aigmlles bien noires , bien lamelleuses, et a double
clivage. M. Cordier dit avoir observé, encore
dans le Cantal, des plateaux de dolérite granitoïde
ayant plus de quatre lieues carrées.
§ 370. Werner voyant au Mont-Meisner , et
dans d’autres lieux, la dolérite passer , par une
diminution de grain, au basalte , en a conclu que
cette dernière roche n’était qu’une dolérite a
grains extrêmement fins et indiscernables à la
vue , en un mot une dolérite homogène en apparence.
Ainsi le basalte au Mont-Meisner, d après