
■ ■ ■ I
Composition.
» stéatile ou de limon durci (1). >» Enfin , le petit
traité de Werner sur la classification des roches,
qui parut en 1787, fixa définitivement l’acception
que les minéralogistes attachent aujourd’hui à
ce mot (2).
Saussure était trop bon observateur pour ne
pas avoir remarqué les différences qui distinguent
le gneis des autres roches. Dans le premier volume
de ses Voyages, publié en 1779 , il a très-
bien caractérisé cette substance, et développé
les particularités de sa structure, il a observé
quelle formait le passage du granité aux schistes,
et concourait ainsi à prouver l’identité de leur
origine ; il en a fait un genre particulier qui est
le second de ses roches feuilletees, et il lui a
donné le nom de granité veiné. Dans la suite, il a
adopté la dénomination de gneis , en conservant
toutefois celle de granité veiné qu’il donnait à
quelques variétés particulières.
Les minéralogistes de toutes les nations , en
admettant le nom de gneis, lui donnent maintenant
l’acception fixée par la définition suivante.
§ 164. Le gneis, dit Werner, est une roche
composée de feldspath, de quartz, et de mica, immédiatement
accolés les uns aux autres, et dont la
texture est tout-à-la-fois granitique et schisteuse. 1 2
(1) Mineralogische-Geographie, pag. 77.
(2) Weiner , Klassification der gebirgsarten,
Nous avons dit ( § 106) ce qu’on devait entendre
par cette double texture granitique et schisteuse,
nous nous bornerons ici à remarquer que le
gneis étant un assemblage de plaques de feldspath
et de quartz , courtes , renflées et séparées
par des feuilles de mica , n’est que très-imparfaitement
schisteux.
Le gneis diffère du granité non-seulement par
sa texture, mais encore en ce qu’il contient habituellement
une plus grande quantité de mica :
c’est d’ailleurs à l’abondance de ce minéral
qu’il doit habituellement son tissu feuilleté ( § io3
et 1 14).
Le feldspath est encore le principe dominant
dans les gneis, notamment dans ceux qui paraissent
les plus anciens ; il y est cependant en moindre
quantité que dans le granité, par rapport
aux deux autres principes. 11 s’y trouve en grains
de moyenne grosseur, ou petits et même très-petits,
d’une couleur blanche ou blanc-grisâtre , d’un
aspect mat, fort souvent altéré et approchant
plus ou moins de l’état de kaolin. Le quartz est
en grains ordinairement plus petits que ceux du
feldspaLh ; il a un aspect vitreux, et une couleur
grise cendrée. Le mica est, dans les gneis , en
petites pailletLes ou écailles qui sont souvenL distinctes
; mais quelquefois aussi elles sont si intimement
accolées les unes aux autres , qu elles
iorment des feuillets continus d une grandeur