
taie , par un commencement de putréfaction.
L’état dans lequel on a trouvé les arbres enterrés
dansles terrains de transport, et dont nous parlerons
par lasuite, ne laisse aucun doute sur ce ramollissement
; la pression des couches et masses supe
rieures aura occasioné ensuite l’aplatissement.
Les terrains tertiaires renferment encore de
petites masses de bois et des troncs isoles dans des
argiles et convertis en jayet : c’est même le gisse-
ment le plus ordinaire de cette substance , ainsi
que nous l’avons déjà remarqué. Dans le département
de l’Aude , où elle a été pendant
quelque tems l’objet d’une exploitation assez importante
, elle se trouvait dans une argile ferrugineuse
, en masses isolées, et d’un poids qui
atteignait rarement 5o livres (i). A Salzfeld , en
Franconie, on a déterré, d’une profondeur de
36 mètres, un arbre enLier et aplati ; une partie
était transformée en jayet, une autre en lignite a
texture végétale , une autre en lignite terreux ,
enfin une autre était silicifiée : à-peu-près comme
si la nature eût voulu montrer réunies , dans un
seul exemple, toutes les transformations qu’elle
fait subir aux bois en les faisant passer a l’état
fossile.
Substances g 32q. Les bancs de lignite renferment en gedanlTsU
néral peu de substances étrangères.
On n’y trouve guère , sous forme de couches
intercalées, que quelques minces lits ou veines
d’argile , souvent pénétrés de bitumé ou plutôt
de matière lignitique.
Quant aux minéraux proprement dits , nous
avons à citer : i° la pyrite , ou sulfure de fer ;
assez rarement en grains et cristaux disséminés ,
mais fréquemment en molécules indiscernables ;
la masse de lignite en est comme imprégnée, et
c’est peut-être à ce principe pyriteux qu’elle doit
la propriété pyrophorique qu’elle présente si souvent
(i) ; 2° le fer hydraté, en grains ou en géodes
; 3° enfin quelques cristaux ou grains de sulfate
de chaux, qui doivent leur origine a la décomposition
du sulfure de fer.
Les sucs végétaux , par leur différente nature
ou modification , ont produit, au milieu des
lignites, quelques substances particulières qui
méritent d’être remarquées ; telles sont :
i° Le succin , ou ambre jaune , qui se trouve
dans des bois passés à l’état de lignite , en Prusse,
en Saxe , dans le Soissonnais , etc.
2° Le mellite qu’on rencontre dans les fentes ,
ou petites cavités de quelques bois bituminisés a
Artern , en Thuringe.
(i) Klaproth était tenté de croire que cette propriété dans les
combustibles minéraux pourrait bien être l’effet de la décomposi'
tion, non du sulfure de fer, mais bien d’une combinaison particulière
du soufre avec le carbone.