
veines dont plusieurs sont dirigées de bas en haut :
ils se trouvent sur-tout dans le Galloway, où ils
ont été observés parHutton, Ilall, etc.; la superposition
du schiste sur le granité y a été reconnue
sur une longueur de onze milles, et sur une
largeur de sept ; « lorsque la jonc Lion du granité
•“ du schiste est visible, on aperçoit des veines
» de la première de ces substances, dont la largeur
» varie depuis une ligne jusqu’à cinquante mè-
» très , pénétrer dans le schiste , et le traverser
» en toutes directions , en tenant toujours par
» leur base à la masse granitique (i). «
Cette ascension de liions dans une roche superposée
, est-elle un fait bien positif ? est-elle en
réalité ce qu’elle est en apparence ? On pourrait
en douter, en voyant M. Jameson affirmer que
l ’examen circonstancié des lieux sus-mentionnés
ne lui a pas présenté un seul exemple de veines
s’élevant du granité pour entrer dans les roches
superposées (2). On peut encore en douter , lorsqu’on
voit la manière dont M. Berger parle des
veines du pays de Cornouailles citées aussi à
l ’appui de la doctrine de Ilutton : ce géologiste
expérimenté, après avoir soigneusement examiné
ces prétendus filons , n’y a vu que de simples
protubérances de la roche granitique , lesquelles
(1) Illustration o f the huttonîon theory, § 281 et 282
(2) Elemens o fgeognost. , pag. xia.
ont été enveloppées et recouvertes par la matière
schisteuse qui s’est déposée dessus. Il lait observer
à ce sujet, que ces veines ou protubérances ne
s’étendent ni loin ni perpendiculairement dans
le schiste , mais qu’elles sont parallèles à la stratification
et à l'inclinaison du sol granitique ;
qu’elles ne pénètrent pas dans la matière schisteuse
, mais qu’elles y sont simplement juxtaposées
(i).-
Au reste , toutes les veines citées par les géo-
logistes anglais ne sont pas dans le même cas ;
elles s’enlacent et se fondent souvent dans le
schiste, à tel point qu’il est impossible qu’elles
y aient été portées par injection. On a un exemple
de ce fait dans le Glentilt en Ecosse. Sur un
terrain de granité assez inégal , reposent des
couches bien réglées de schiste-phvllade, contenant
des bancs de calcaire grenu : au contact,
les deux roches se mélangent et se pénètrent :
on voit des parties de granité dans le schiste , et
des parties de schiste ou de calcaire dans le granité.
De plus, la matière granitique, qui s’est
trouvée quelquefois mêlée dans le calcaire, s’en
est séparée lors de la consolidation des masses,
et il s’est fa it, en quelque sorte, un départ. Elle
s’est réunie et formée, tantôt en masses amorphes
, à-peu-près comme nous avons vu des silex
(1) Trans, c f the geol. soc., tom. I , pag. x^5.