
même comme des espèces particulières. Telles
seraient les pierres de Sorrente et le pipemo
qu’on emploie à Naples dans les constructions,
telles seraient même plusieurs wackes.
Je dis quelques mots sur ces substances.
Dans les Chams-Phlégréens du royaume de Naples , près
Sorrente , on a une laye assez noire et compacte dans sa partie
inférieure; mais dans sa partie supérieure, elle est grise, tendre
et friable : on la prenait généralement pour un tuf ; mais
MM. Thomson et Breislak l’ayant examinée avec soin, et
ayant vu, à l’aide d’une forte loupe, que son grain était cristallin,
égal et serré cômme celui du sucre , 1 ont reconnue pour une
vraie lave : elle renferme beaucoup de cristaux de feldspath,
quelques lames de mica et du fer. Le pipemo est une substance
à-peu-près pareille; au milieu de parties noires, dures et compactes,
elle en présente qui sont d’un gris clair, tendre, friable
et à gros grains. M. Breislak pense qu’au moment de la consolidation
des parties grises et friables de ces laves, il s’y sera fait
un développement général de gaz, lequel, en s’interposant entre
les molécules, a empêché leur rapprochement, et qu’il en est
résulté une masse poreuse et légère : dans les parties inférieures ^
la compression ayant mis un plus grand obstacle au développement
du gaz, la masse sera plus compacte, et se rapprochera
du basalte. Mais l’état de ces laves ne serait-il pas un simple effet
du relâchement du tissu et de la décoloration par l’action de
l ’atmosphère f J ’ai quelquefois vu des basaltes dont des parties,
ayant cédé à cette action, étaient devenues grises, et avaient
perdu leur consistance; elles se réduisaient en poussière sous le
marteau : au milieu d’elles, on avait des masses inaltérées, noires
et compactes, de sorte que le tout présentait l’image d une vraie
brèche.
Werncr désigne en général sous le nom de
wacke, un minéral semblable à une argile ferrugineuse
fortement endurcie, d’un aspect terne
et terreux , à cassure concoïde et grenue a petits
grains, tendre , douce au toucher, d’un gris verdâtre
passant au vert olive, et approchant quelquefois
du brun et même du noir. Dans une acception
plus restreinte, la wacke est, d’après lui,
une roche congénère du basalte, mais moins dure
et plus terreuse, et ayant fréquemment la structure
amygdaloïde. M. Ménard de la Groye, voyant,
au volcan éteint de Beaulieu, une lave moins dure
que le basalte, d’apparence un peu terreuse, contenant
de l’amphibole et du mica noir en lames
hexagones , de structure amygdaloïde, contenant»
des noyaux de chaux carbonatee, dit, avec raison,
qu’elle présente tous les caractères de la wacke de
W erner.
S ’il m’était permis d’émettre mon opinion sur les substances
auxquelles on a donné le nom de wacke, je dirais :
i ° Que les unes sont des masses basaltiques d’un tissu originairement
peu serré, qui ont ete pénétrées par les eaux, et
qui, par suite de cette longue pénétration, ont perdu de leur
rudesse et de leur aspect primitifs ; ce sont celles qui forment
la base d’un grand nombre d’amygdaloïde s.
2° Que d’autres ne sont que des basaltes ramollis par 1 action
des éléments atmosphériques. J ’ai trouvé souvent des basaltes
dont la surface était molle, cédant sous le marteau; et M. Ménard
a vu, en Italie, le ramollissement pénétrer jusqu’à une
grande profondeur ( i) . Ce sont ces wackes que l’on a représen-
(i) Journal de physique, tom. LXXXII.