
en volume ; enfin , dans les calcaires secondaires,
elles sont encore plus nombreuses et plus vastes.
Des géologistes, ayant remarqué quelques caractères
particuliers dans le calcaire où ils ont observé
les plus considérables, ont cru devoir en
faire une formation particulière, sous le nom
de calcaire des cavernes ( hoelenkalkstein ) : mais
ils n’ont pas été d’accord sur la place à lui assigner
dans l’ordre des formations ; les uns, comme
M. Freiesleben, l ’ont rangé dans la première formation
, et l’ont mis à côté du calcaire celluleux
(rauchwacke) dont nous avons déjà parlé (§ 289);
d’autres l’ont regardé comme identique avec celui
des Alpes ; un plus grand nombre l’ont assimilé
au calcaire du Jura ; et Werner enfin l’a
placé dans la formation coquillière. Au reste ,
comme il paraît que les cavernes sont bien plutôt
une suite de la nature calcaire des terrains et des
substances qu’ils contiennent, qu’une circonstance
dépendante de l’époque où les terrains ont été
formés, elles peuvent se trouver indistinctement
dans toutes les formations.
Leur forme est extrêmement irrégulière ; à de
vastes espaces succèdent des canaux étroits et tortueux
, au-delà desquels on trouve quelquefois
de longues galeries ou des cavités immenses.
L’Allemagne en présente un grand nombre, aussi
intéressantes par leurs dimensions que par les ossements
fossiles qu’elles renferment ; les plus considérables
et les plus célèbres d’entre elles sont :
10 celle de Bauman ( Baumanns hoehle ), dans le
pays de Blankenburg; elle consiste en six chambres
séparées les hnes des autres par des étranglements
ou couloirs ; leur ensemble présente une
longueur d'environ sept cents pieds ; la largeur
des chambres varie de vingt a deux cents pieds ,
et la plus grande hauteur est de trente pieds ;
20 celle dite Bielshoehle, consistant en douze cham-
bresdontlalongueur totale est de six cent quarante
pieds , la plus grande largeur de vingt-sept, et la
plus grande hauteur de trente-sept ; 3 celle de la
Licorne ( Einhornshoekle), dans l’électorat de Hanovre
; elle a plus de trois cents pieds de long ;
les habitants du pays disent même qu’on pourrait
y parcourir un espace de deux lieues ; 4 ^a ^a_
meuse caverne de Gaylenreuth, dans le pays de
Bamberg : elle consiste en six grottes ou chambres
unies par des couloirs ou galeries quelquefois
très-étroites ; la longueur totale est de
près de quatre cents pieds , et la hauteur des
voûtes en a jusqu’à quarante, etc. (1). La célèbre
grotte d’Antiparos a trois cents pieds de long ,
autant de large, et quatre-vingts de haut.
En France, on 11’a guère de grandes cavernes
que dans le Jura , le Dauphiné et les Pyrénées ; 1
(1) On a une description de cette caverne et de celle de Bauman ,
ainsi que beaucoup de détails sur plusieurs autres, au commencement
du Mémoire de M. Cuvier sur les ours des cavernes.