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certains lieux, en assez grande quantité pour être
l ’objet d’une exploitation utile : la plupart des
fonderies de fer d’Angleterre n’en emploient
point d’autre ; et les houillères sont pour elles
des mines de fer tout comme des mines de charbon
(i). Les forges dé Gleiwitz, en Silésie , tirent
aussi des terrains houillers voisins, une partie de
leur minerai de fer. J ’ai vu , aux mines d’Anzin,
les argiles, et principalement celles qui accompagnent
la bouille , renfermer une grande quantité
de minerai en noyaux fort durs, souvent
composés de petits grains agglutinés par un ciment
chargé de carbone : ce sont de vraies ooli-
tes ferrugineuses. Lorsque le fer carbonaté des
houillères est exposé à l’action de l’air, sur-tout
dans les affleurements des couches, il se décompose,
et passe àd’état d’hydrate de fer : de là, d’après
M. de Gallois (2), les nombreuses parties et
(1) Souvent encore les houillères fournissent la chaux ou castine
qui sert de fondant., la pierre avec laquelle on bâtit les fourneaux ,
et' le grès dont on revêt l'ouvrage ou creuset.
(2) Cet habile ingénieur, après avoir été témoin, en Angleterre,
du grand avantage que l’on y retire du minerai de fer renfermé
dans les houillères, a porté son attention sur celles de la France,
et il a fait voir qu’ elle- en contenaient aussi, une quantité considérable.
Il a examiné , dans tous leurs détails , la nature et les circonstances
du gissement des divers échantillons obtenus, et mettant à profit les
analyses de MM. Descotils et Berthier ^ qui constataient que
c’étaient des carbonates de fer plus ou moins mêlés de terre, de
sable et de carbone , il a nommé ce minerai fe r carbonate lithoïde,
géodes de ce minerai qu’on voit souvent à la superficie
des terrains houillers. J ’ai encore été à
même de voir , à Frugères , dans la Haute-Loire,
les affleurements de diverses couches houillères,
présentant une fort grande quantité de ces
géodes.
Dans l ’intérieur des mines , l’argile schisteuse
a assez de consistance : le toit de la plupart des
excavations en est formé, et à l’aide des étançons,
il se soutient assez long-tems. Mais dès qu’elle est
portée à l’air, exposée à l’influence des éléments,
et à l’alternative des saisons, elle se délite bien tôt
et se réduit en terre.
§ 262. Le grès des houillères est un vrai grès
( psamite de M. Brongniart ) formé de grains de
quartz, de lydienne et même de feldspath, ainsi
que de fragments de schiste-phyllade, de schiste-
micacé et autres roches primitives , agglutinés par
un ciment d’aspect terreux et grisâtre ; le quartz
est habituellement la substance dominante.
La grosseur du grain éprouve les plus grandes
variations. Nous avons vu qu’il existe un passage
continu du grès des houillères à l’argile schisteuse,
et cette dernière Substance peut être regardée
comme le premier terme de la série , celui
où les grains sont infiniment petits. On a enet,
sous le rapport métallurgique, minerai de fe r des houillères,
nom également très-convenable sous le rapport géognostique. ( Annales des Mines, tom. III).,
Grès de
houillère