
M. de Humboldt,résumant ses observations sur les tracbytes
d’Amérique , y distinguerait quatre époques. La première comprendrait,
outre le trachyte proprement dit, des pseudo-basaltes,
des amygdaloïdes en bancs intercalées, et des phonolites qui se
lieraient avec le porphyre siénitique. La seconde renfermerait
des trachytes à cristaux de quartz. Dans la troisième, on aurait
les tracbytes émaillés et vitreux, ainsi que beaucoup de ponces
qui se distingueraient en général de celles de terrains basaltiques
par le mica qu’elles contiennent souvent. Enfin, on aurait
les brèches et les tufs.
§ 36y. Les trachy tes, renfermant des scories volcaniques
, étant évidemment liés avec des laves
basaltiques , passant même au basalte , étant en
partie vitrifiés ou criblés de pores , étant convertis
en ponces, et pleins de cristaux de feldspath
frittés, etc., etc., sont incontestablement
un produit du feu. Mais sont-ils, comme nos laves
et nosbasaltes, des torrents de matières embrasées
sorties d’un cratère, et qui se sont répandues sur
un terrain environnant ? Ce n’est plus aussi manifeste.
Les naturalistes qui ont observé le Puy-de-Dôme et les monts
trachytiques voisins, n’y trouvant que d’énormes cloches d’une
matière lithoïde, superposées (au moins en apparence) à un
sol étranger, n’ont pu y voir des laves, ou portions de laves.
Après y avoir reconnu l’action du feu, les uns, avec Desmarest,
les ont regardés comme des granités chauffés en place; Saussure
les considérait comme des porphyres primitifs légèrement calcinés
par les feux souterrains ; MM. de Montlosier et Dolomieu
admettaient qu’ils avaient été soulevés dans l’état où nous les
voyons par des agents volcaniques ; enfin, M, de Buch regarde
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comme plus probable que ce sont des masses même de granité
que ces agents ont élevées, et qui, par l’effet des vapeurs
élastiques, ont été changées en porphyre trachytique. Toutes
ces explications sont entièrement inconcevables pour moi,
et je n’ai pu voir dans ces puys que des restes d’une masse
de trachyte qui couvrait autrefois la contrée. Je sais que cé
n’est point résoudre, mais seulement reculer la difficulté. D où
venait cette masse? d’où venait le Mont-Dore? Je n ai aucune
réponse même probable à donner. En voyant au Mont -
Dore les courants de basalte qui sont sur ses flancs, converger
vers sa cime; en les voyant de plus en plus scorifies a mesure
qu’on approche de cette cime, on peut présumer qu’on n’y est
pas loin de leur origine, et que le centre de la montagne est
aussi le centre de la volcanisation basaltique : mais le meme fil
ne m’a plus conduit, lorsque j’ai cherché le point d’où pouvaient
sortir les tracbytes. De quelle bouche serait sorti le
Chimboraço,lui qui domine tout le globe ? D ’où serait sortie la
coulée dont il est le vestige ? Nous n’avons absolument aucune
donnée pour résoudre le problème de la formation des tracbytes
: nous pouvons seulement conclure des observations
faites jusqu’ici, que ces masses ont été dans un état de fluidité
ignée, et que c’est en se consolidant qu’elles ont pris la
texture qu’elles nous présentent, et que les cristaux qu elles
renferment se sont produits.
A R T IC L E SECOND.
DES TERRAINS BASALTIQUES.
( Terrains volcaniques proprement dits. )
Les terrains volcaniques , jusqu’à la grande
époque destrachytes , pourraient être divisés en
deux sections : l’une, de l’époque la plus ancienne,
serait presque entièrement composée de basalte