
peut-être dans le même cas(i) : mais je dois remarquer
qu’elle ne se trouve pas dans un vrai terrain
houiller, et qu’ainsi elle pourrait bien n’être pas
regardée comme une vraie houille ; et en definitive
, pourrait-on dire qu’on n’a pas encore rapporté
des faits qui paraissent suffisamment prouver
que les houilles proprement dites , doivent
leur origine à des matières animales.
Résumant ce que nous venons de dire, il paraît
que les houilles sont un produit de la décomposition
de végétaux , principalement de plantes
herbacées et marécageuses , qui ont cru dans le
lieu même ou dans le voisinage 7 que ces végétaux
ont été complètement dissous et élaborés
par un agent qui semble pouvoir être l’acide sulfurique
; et que le suc végétal, ainsi réduit, a
été ensuile déposé à l’état de liquidité , ou d’extrême
mollesse, sur le mur qui porte aujourd’hui
les couches.
Objections Quoique cette opinion soit celle de la plupart des naturacontre
1 opi- ]JS|es et qu’elle semble, pour mon orgam- \ # 1 ainsi dire , commandée rp ar rplu-
que. sieurs faits , nous ne dissimulerons cependant pas qu’elle est
sujette à bien des objections. Le carbone qui forme la base des
houilles provient-il tout des végétaux? Ne peut-il pas avoir ,
et n’a-t-il pas une autre origine ? Indépendamment de celui qui
existe en immense quantité dans les terrains primitifs, comme
partie constituante des calcaires, on le voit, dans ces mêmes
terrains, avec ses principaux caractères , formant le fer carburé,
au milieu des schistes-micacés, des gneis, et même en cristaux
(x) M. Héricart de Thuri. Journal des Mines, tom. XVI.
contenus dans les granités qui semblent les plus anciens : avec
toute sa pureié , et tel qu’il se voit souvent dans les terrains
houillers, c’est-à-dire à l’état d’anthracite , nous le trouvons encore
disséminé dans le quartz et la baryte des filons de Kons-
berg ( i) ; et il est bien difficile de le regarder, dans ces divers
gissements , comme un produit de la décomposition des végétaux.
L ’on trouve, dans des espaces assez peu étendus; trente, quarante
et même soixante couches de houille les unes avec les
autres, séparées par des grès et des argiles schisteuses ; leurs
limites sont souvent bien tranchées, et tout indique autant de
dépôts successifs : cette succession serait-elle possible si les
plantes étaient dans le lieu de leur naissance ? D’où viendrait, à
des intervalles réguliers, cette quantité de plantes herbacées, ou
de suc végétal qui a produit les soixante et une couches
du pays de Liège ?
Nous ne nous arrêterons pas à l’examen des diverses opinions
qui ont été émises sur l’origine de la houille ; nous en
signalerons seulement une qui ne laisse pas que d’avoir quelque
apparence spécieuse : on y regarde les trois grands combustibles
fossiles, la houille, les lignites et la tourbe , comme passant les
uns aux autres par l’effet d’une élaboration successive , et qui se
continue encore journellement ; de sorte que , par suite de
cette élaboration , nos lits de tourbe deviendraient un jour des
couches de houille. Cette idée n’a pu venir que dans l’esprit de
celui qui ignore que la nature a mis dans la formation de ces
trois substances , une ligne de démarcation qui les sépare irrévocablement.
§ 270. Le terrain houiller confient, en quelques
contrées, une assez grande quanti lé de substances
métalliques. Sans parler du fer qu’on y trouve
(1) Hausmann. Meise durch Scandincwien, tom. II.
coMnétetanuuxs.