
aperças minéralogiques , serait analogue au calcaire
alpin. D'un autre côté , M. Buckland a
cru devoir admettre l’identité de ce terrain avec
celui qu’il a observé dans le Cumberland, qu il
nomme nouveau grès rouge , qui renferme aussi
du gypse, et qui recouvre le terrain houiller de
Whitehaven, ainsi que le calcaire magnésien
placé au-dessus (1) ; calcaire qui tient en Angleterre
, plus que tout autre, la place du calcaire
alpin , sous le rapport de l’ancienneté ; o r, ce
nouveau grès, tant par sa nature que par son gis—
sement, paraît être de même formation que celui
de la Thuringe.
Nageiflue. N ou s rapporterons encore à cette formation,
un grès qui occupe une partie de la Suisse, et qui
y est entremêlé avec un poudingue célèbre, en
géognosie, sous le nom suisse nageiflue (2). Cette
énorme assise occupe la grande vallée entre le
Jura et les Alpes ; elle commence à Genève, traverse
diagonalement la Suisse, passe auprès du
lac de Constance, se prolonge dans la Bavière, et
se termine en Autriche: au reste, elle éprouve
de fréquentes interruptions. Elle consiste en un
grès dont le ciment est une marne, passant tan-
(1) Transactions o f the geological society, tom. IV, p. 116 .
(2) Nagel signifie clou, et flue est un rocher a pic, dans l’idiome
usité en certaines parties de la Suisse. Les rochers formes par ce
poudingue présentent souvent, sur leurs faces, des galets en saillie,'
comme de gros clous sur les roues de charrette.
GRÈS. 39.5
tôt au calcaire, tantôt à l’argile : les grains sont de
diverse nature, et en général petits : la mollasse
de Genève est une variété de cette sorte de grès.
Mais quelquefois les fragments grossissent et l’on
a des couches de poudingues intercalées dans le
grès : elles présentent plusieurs particularités dignes
de remarque : les fragments sont quelquefois
d’une grandeur considérable ; dans la vallee de la
Linth, M. Escher en a vu , au milieu des couches
inférieures, qui avaient jusqu’à quinze pieds cubes;
de pareilles dimensions sont cependant rares,
et d’ordinaire les fragments ne dépassent pas la
grosseur du poing. Leur nature varie d’un lieu à
un autre : dans un endroit, ce sont des calcaires
compactes, d’anciens grès, des silex avec quelques
quartz ; ailleurs, on a des granites, des gneis, des
porphyres , etc. : il n’en est pas ici comme dans
le Thüringerwaldet le Forez, ce ne sont plus les
débris des montagnes voisines ; plusieurs des fragments,
tels que ceux de silex-corné , de porphyre
euritique, etc., sont entièrement étrangers aux
Alpes suisses. Ces poudingues s’élèvent à une hauteur
quelquefois très-considérable : leMont-Rigi,
dont la cime est à 1900 mètres au - dessus de la
mer, en est entièrement composé ; ils y forment
de grandes couches inclinées de i 5 à 20 degrés
( Sauss., § 1941 ) : dans la vallée de la Linth,
elles atteignentunehauteur de deux mille mètres,
et leur inclinaison y est de !\5° ; on en trouve