
620 GITES DE MINERAIS,
classe particulière de minéraux que l’on pourrait appeler sidé-
ritiques («Jèjas-, fer ), vu la disposition où ils sont de se charger
habituellement de protoxide de fer ( oxide .vert) ; disposition
qui paraît inhérente à leur nature, car quelques autres
substances, telles que le calcaire, le quartz et même le feldspath,
que 1 on trouve aussi assez souvent dans le même gissement, ne
prennent point ou presque point le même oxide.
2° F ?r o.xidé. J ’ai observé auprès d’Ivrée, une
couche très-régulière ayant environ un pied d’é^
paisseur , et toute composée de la variété dite fer
micacé. On a des couches de fer d oligiste aux mines
de Norbergetde plusieurs autres lieux de la Suède.
Ccllesde minerai de fer rouge sont très-fréquentes.
3° Fer hydraté. Ses couches sont peut-être les
plus communes, sur-tout dans les terrains secondaires.
Qu il me soit permis de citer l’exemple d’un gîte extrêmement
importantet que j’ai été à même de bien observer ; c’est la
couche ferrifère de Rancié, près de Vicdessos , dans le pays de
Foix. La montagne de Rancié est calcaire, et fait partie d’un
terrain primitif ou intermédiaire qui repose sur le granité. Les
couches de cette montagne sont presque verticales. Une d’elles
est principalement formée de fer hydraté compacte, assez
souvent accompagné ou mélangé de fer carbonaté, et même
d’un peu de fer oxidé : en quelques endroits, elle est imprégnée
d’oxide de manganèse. Elle s’étend depuis la cime de la montagne
jusqu’à son pied ; ce qui donne une hauteur verticale
de 6oo mètres, et peut-être s’enfonce-t-elle encore bien au-
dessous : des galeries d’exploitation l’ont fait reconnaître sur
une longueur de cinq cents mètres; quanta sa puissance, elle
est, terme moyen, d’une vingtaine de mètres; quelquefois elle
s élève à trente ou quarante; mais d’autres fois elle baisse jusqu’à
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trois ou quatre. Il faut se la représenter comme une couche
calcaire , ou masse très-aplatie , chargée de beaucoup de minerai,
lequel est souvent en telle abondance, qu’il constitue entièrement
ou presque entièrement sa masse, et forme ainsi au milieu
d’elle de grandes veines et parties de minerai absolument pur.
Quoique ce gîte soit bien décidément une couche,et de formation
contemporaine à celle de la montagne, il ne laisse
pas de présenter quelques - uns des caractères ordinaires aux
filons ; ainsi, outre sa situation presque verticale, il offre,
dans plusieurs endroits, beaucoup de cavités , ou fours de plusieurs
pouces de diamètre, et dont les parois sont recouvertes
de mamelons d’hématite ; et, ce qui est assez remarquable parmi
les diverses zones que présentent ces masses mamelonnées d’hématite
brune, on en trouve quelques-unes d’hématite rouge :
de plus, ce gîte porte souvent, sur les salbandes, une lisière
bien marquée d’une argile très-grasse et ayant quelques pouces
et quelquefois jusqu’à un pied d’épaisseur. Cette couche, exploitée
depuis plus de six cents ans, alimente seule cinquante
forges dites à la catalane, qui fournissent annuellement environ
cinq millions de myriagrammes de fer ; c’est près de la
vingtième partie de celui qui se fabrique et même qui se consomme
en France,
4° Les pyrites martiales et cuivreuses. Toutes
les exploitations de cuivre que j’ai vues sont sur
des couches dans du schiste-micacé ; telles sont
telles d’Alagna, d’Ollomond, de St.-Marcel et de
Fenis en Piémont. Telles sont encore celles de
Roeraas en Norwége, celles de Kupferberg en
Silesie, celles de Schmoellniz en Hongrie, et celles
qui alimentent les fabriques de vitriol de la Saxe.
5° La galène-au plomb sulfuré, quoique se trouvant
le plus souvent en filons , ne laisse pas de se