
Différences
sous le rapport
de l’ aspect.
qu’une simple variété de trachyte , sous le rapport de la composition
: cependant elle s’en distingue par les circonstances de
la position, ainsi que nous le verrons, et par sa texture. Ce
n’ est plus une substance rude au toucher, aigre ; mais une roche
compacte, semblable à un eurite des terrains primitifs, se divisant
en plaques, et prenant, par suite , et dans quelques cas,
l’aspect schisteux : je parle du phonolite.
Les minéraux composant les roches volcaniques, peuvent se
présenter en parties distinctes à nos yeux, et 1 on a alors des
masses granitoïdes, comme dans les terrains primitifs. Mais
ce cas est fort rare ; le plus souvent les grains sont indiscernables
à la vue simple, et même au microscope ; et alors les masses
paraissent compactes. Mais leur passage aux masses granitoïdes
peut encore mettre à même de déterminer leur nature,
comme nous le verrons par la suite ; et comme le passage du granité
à l’eurite, ou base du porphyre ordinaire, par simple
diminution dans le volume des grains, nous a appris que cette
dernière substance n’était qu’un granité à grains infiniment
petits.
Les masses volcaniques ont été des matières
minérales en fusion, e t , selon les diverses circonstances
de leur refroidissement, elles se présenteront
à nous a l’etat lithoïde, vitreux ou
émaillé, ponceux ou scarifié. On sait, d’apres les
belles expériences de Hall et de Watt: i° que
les matières pierreuses en fusion et principalement
celles qu’on trouve dans les terrains volcaniques
, lorsqu’elles se refroidissent brusquement
, se changent en verres ou émaux. 2° Que
lorsque le refroidissement est gradué , mais fait
avec une certaine rapidité, il se produit, a un
certain moment, au milieu de la masse liquide,
des sphéroïdes , tantôt d’aspect semi-vitreux et
striés du centre à la circonférence, tantôt d'aspect
entièrement pierreux ou lithoïde : ce sont
des cristallites ou masses dévitrifiées, analogues a
celles qu’on voit souvent se former dans nos verreries,
et qui ont été signalées par MM. Darti-
gues et Fleuriau de Bellevue : ces globules ,
augmentant en nombre , finissent quelquefois
par constituer la masse entière. 3° Enfin , lorsque
le refroidissement se fait très-lentement, il en
résulte une masse entièrement pierreuse, et quelquefois
à grain cristallin. l)e plus, on sait que
lorsqu’un torrent de matière pierreuse en fusion,
coule à l’a ir, il se fait un dégagement de fluides
élastiques qui boursoufle et déchire sa surface , et
qui remplit de petits pores les parties qui sontim-
médiatement au-dessous ; et, comme le refroidissement
s’est ici opéré promptement, les fibres et
les cloisons qui entourent les cavités ou pores,
seront à l’état vitreux ou semi-vitreux, etla masse
ressemblera à une scorie ou à une pierre-ponce.
Ces divers cas ont dû se présenter dans la consolidation
des masses volcaniques : nous en verrons
divers exemples. Nous nous bornerons a remarquer
que le refroidissement de ces masses
étant très-lent ( § 66) dans leur intérieur , elles
doivent presque toujours y présenter l’aspect
lithoïde. Mais souvent encore , elles y sont criblées
de petits pores, qui, quoique invisibles à la