
En résumé , sous le rapport de l’essence, ou
de l’influence exercée plus particulièrement par
chacun des trois principes intégrants du granité,
nous aurons trois sortes de porphyres : i° le porphyre
euritique, correspondant au granité ordinaire
,. celui où le feldspath domine notablement;
2° le porphyre kératique , correspondant à un
granité chargé de beaucoup de quartz ; 3° le
porphyre siénitique , dérivant d’un granité très-
chargé d’amphibole , ou de mica , ou de talc. La
considération de la texture nous donne .encore :
4° Le porphyre teireux, ou à base d’eurite terreux.
C’est le thonporphyr (ou porphyre à hase
thonstein) de Werner et de son école. Les observations
que j’ai faites sur des terrains porphyri-
ques m’ont convaincu que l’eurite , dans une
même masse ou montagne , pouvait être tantôt
compacte , et tantôt d’un grain terreux , c’est-à-
dire d’un grain grossier, terne et lâche, à-peu-
près comme celui d’une masse terreuse fortement
endurcie ; et qu’ainsi la pierre que Werner
désignait sous le nom de thonstein, et que
M. Brongniart a noxnmé argüolite, tout en indiquant
sa nature , n’était qu’une simple variété
d’eurite ; que l ’aspect terreux était quelquefois dû
à un relâchement de tissu produit ou par l’action
décomposante des éléments atmosphériques, fait
si commun dans toutes les roches feldspathiques ,
ou par quelque circonstance de la formation
primitive, ou par quelque mouvement intestin
survenu dans la masse générale de la roche.
Je croîs, d’après cela, qu’en géognosie on doit taire disparaître
le nom de thonporphyr, tout comme celui de
thonstein. Lorsque Werner fit son premier système de minéralogie
, il y a quarante ans, on donnait le nom d’argile à une
substance qu’on croyait simple, et être à son plus grand degré
de pureté dans le kaolin provenant de la décomposition ou désagrégation
totale du feldspath : d’après cette opinion, Werner,
en divisant la classe des pierres en genres, établit un genre argileux
, à la tête duquel se trouvait le feldspath de la même
manière que le quartz était à la tête du genre siliceux. Le kaolin,
en se durcissant fortement, c’est-à-dire en passant à l’ état de
pierre , formait un feldspath : par suite de l’opinion alors
reçue , l’argile en se durcissant dut former une pierre moins
pure , mais du même genre. Werner la nomma d’abord
verhasrteter thon ( argilla indurata ) , et puis thonstein
( lapis-argilla ). Mais aujourd’hui que nous savons que l’argile
n’est qu’un mélange de diverses substances provenant de la
destruction de roches préexistantes, ces dénominations ne
sauraient être conservées ; et en suivant les idées de Werner sur
la génération de son thonstein , il est évident que cette pierre
n’est que l’ eurite terreux , et qu’elle ne saurait être plus convenablement
désignée que par cette dénomination.
Nous avons un bel exemple de cette variété ,
ainsi que du porphyre siénitique en général,
dans le terrain métallifère de la Hongrie, notamment
dans celui qui renferme les fameuses mines
d’argent et d’or de Schemnitz ; terrain que Born
nommait Saocum metallifenim, qui a été pris pour
un produit volcanique par les uns, et pour une