
en forme de nappes ou coulées étendues en surface
, passant quelquefois au basalte granitoïde ,
(ouladolérile), d’autres fois au phonolite : l’autre,
comprenant les volcans à cratère encore existants
et leurs produits , présenterait, d’après les
observations faites jusqu’ic i, des laves de nature
basaltique, entremêlées, en quelques endroits ,
de laves leucitiques. Mais , comme les uns et
les autres sont essentiellement composés de la
meme substance , qu’ils ne sont séparés par aucun
terme intermediaire, et que la ligne de démarcation
est impossible à tracer lorsqu’on fait abs-
ti action des localités, nous esquisserons l’histoire
géognostique des uns et des autres, en faisant
celle du basalte : nous traiterons ensuite de brèches
et tufs qui les entourent, qui leur sont quelquefois
entremêles, et que nous pourrions appeler
lesmasses de transport des terrains volcaniques.
a ) Du basalte et des laves basaltiques.
§ 368. Les Egyptiens avaient donné le nom de
basalte aune pierre noire, qu’ils employaient dans
leurs monuments , dont la couleur et la dureté
rappelaient presque celles du fer : quem vocant
basaltem ferrei, coloris et duritioe, dit Pline le
naturaliste. Cette même couleur noirâtre, et celte
grande dureté portèrent Agricola, célèbre minéralogiste
saxon, mort en i 555, à penser que la matière
des belles colonnes prismatiques qui forment
t e r r a in b a s a l t iq u e .
la sommité de la montagne de Slolpen en Saxe ,
était le basalte des anciens ; il la désigna sous
ce nom , qui s’est conservé parmi les minéralogistes
pour indiquer la masse de ces prismes noirs,
durs, d’aspect lithoïde qu’on voit dans des terrains
qui se présentent immédiatement a la surface de
la terre , quoique aujourd’hui il soit bienpiouve
cjue la pierre des monuments égyptiens n est point
de même nature , et que c’est un granité amphi-
bolique à très-petits grains.
Les minéralogistes français et italiens qui retrouvèrent
ce basalte au milieu des volcans, constituant
une partie des courants de matières fondues
qui en étaient sorties , ne virent en lui
qu’une lave , et ils le désignèrent sous ce nom ,
avec diverses épithètes déduites de ses différents
états ; tandis que les minéralogistes allemands
etsuédois continuaient de l’appeler basalte
ou trapp ( § 204 )•
Polomieu le classa parmi les laves a base ar-
gilo-ferrugineuse : et en cela il était entieiement
d’accord avec Werner, qui ne regardait la pâte du
basalte que comme une argile ferrugineusefortement
durcie ; cette notion était assez exacte, lorsqu’on
fait attention que l’argile dont parlait
Werner n’est point l’alumine des chimistes, mais
bien la substance qui, à l’état lithoïde ou cristallin
, forme le feldspath.
Ces laves nous présentent plusieurs variétés.