
déjà remarqué la différence de ces deux sortes de
fossiles dans les couches minérales : Lamanon avait
bien conclu , d’après la nature de ceux qu’on avait
trouvés dans les gypses de Paris, que ces gypses devaient
avoir été déposés dans une eau non salee. il
avait étendu cette même conséquence aux gypses
d’Aix en Provence. Saussure avait cherché à l’appliquer
au terrain d’Oeningen : Soldani, voyant
en Toscane des coquilles fluviatiles dans certains
terrains, avait bien remarque que tout le sol de ce
pays ne devait pas avoir été formé dans la mer ,
et que des parties l’avaient ete dans des lacs ; mais
c’est incontestablement à M. Brongniart que l’on
doit d’avoir saisi la question sous son vrai point
de vue, de l’avoir généralisée , et d’avoir montré
comment, de la différence des fossiles, on pouvait
conclure la différence des formations ; en un
mot, d’avoir établi en géognosie des formations
d’eau douce (i). Au reste , ainsi que nous l’avons
remarqué, cette détermination doit être faite
avec discernement ; et nous rappellerons à ce sujet
: i° que des vestiges de coquilles fluviatiles ou
terrestres ont souvent été portés par les fleuves
dans les mers, et doivent ainsi se trouver dans les
dépôts formés dans leur sein ; 2° que quelques
espèces de coquilles fluviatiles entrent quelquefois
(i) Mémoire sur lés terrains qui paraissent avoir été formés
dans les eaux-douces. 1810.
dans les mers, et y vivent près des côtes ; 3° qu’il
est souvent très difficile de déterminer si une coquille
fossile est marine ou d’eau douce, sur tout
lorsqu’elle appartient à des espèces éteinLes. Mais,
ainsi que nous l’avons observé , comme en général
presque toutes les coquilles ont un genre d’habitation
déterminée , que les unes ne vivent guère
que dans la mer, et les autres au milieu des eaux
douces, lorsque noustrouveronsdes terrains d'une
grande étendue , ne contenant que des débris de
ces derniers êtres, et qu’ils y seront comme déposés
tranquillement et avec ordre , nous pourrons
conclure que ces terrains n’ontpas été formés
et déposés dans la mer; et sans nous engager
dans aucune hypothèse sur l’origine , l’existence,
l ’époque et la disparition des réservoirs d’eau
douce qui peuvent les avoir produits, nous conclurons
avec M. Brongniart, « qu'il existe des
» terrains formés avant les tems historiques ,
» qui, au lieu de renfermer des productions ma-
» rines, ne contiennent généralement que des
« productions terrestres et d’eau douce ; » et cette
différence fournira le plus souvent au géognoste,
un excellent caractère pour distinguer et caractériser
ces formations.
§ 326. Au pied septentrional des Pyrénées , et
dans un espace limité par des lignes passant aux
environs de Pau, Tarbes, Saint - Gaudehs , Papiers,
Carcassonne , Bevel, Castres, Albi, Agen,
Terrain
marneux
( au pied
des Pyrénées
V